Devil Jam – Un boucan d’enfer !
Version testée : PC (Steam)
Plates-formes disponibles : PC, Switch (à venir)
Genre : Roguelike/Survivor, rythme
Prix conseillé : 8€
Date de sortie : 3/11/2025
Studio / Editeur : Ennui Studio / Bonus Stage Publishing
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !
Je suis un grand amateur de jeux musicaux et j’ai un faible pour les roguelikes qui osent sortir des sentiers battus. Quand Devil Jam a débarqué avec la promesse de tout combiner dans un univers visuel complètement barré, je n’ai pas hésité longtemps. Le concept est simple sur le papier mais diablement efficace. On incarne une démone DJ coincée dans un enfer où tout obéit au tempo. Le but est de survivre à des vagues d’ennemis et de gravir les niveaux au rythme d’une bande-son électro survoltée. Le ressenti est immédiat. On joue, on écoute, on se cale sur la mesure et très vite le jeu devient presque instinctif.

Ce qui fait la force de Devil Jam, c’est que tout fonctionne sur le beat. Les attaques lancées pile au bon moment infligent plus de dégâts. Les esquives placées sur la pulsation deviennent plus rapides. Même les ennemis attaquent en rythme, ce qui donne une signature presque musicale aux combats. On ne peut pas spammer les touches, car frapper hors tempo n’apporte presque rien. Il faut écouter, anticiper, suivre la mesure et trouver le bon moment pour tirer ou esquiver.
Cette mécanique transforme l’action en une sorte de danse. Le jeu devient physique. On ressent chaque phase, on capte les montées en intensité, on cale ses gestes sur le beat drop et tout s’enchaîne avec un naturel surprenant. Les niveaux changent d’ambiance musicale au fil des runs. On passe d’un morceau électro agressif à une base hip hop plus souple avant de retomber dans une nappe infernale saturée. Le tempo dicte le rythme du jeu et donne un vrai flow à chaque partie.

L’univers graphique est un festival de couleurs saturées et de néons. Devil Jam n’a pas peur d’en faire trop mais parvient à rester lisible. Les explosions suivent les montées musicales. Les décors se déforment légèrement sur les basses. Les ennemis ont des animations volontairement exagérées qui donnent l’impression de participer à un énorme clip musical interactif.
La musique est évidemment au coeur de l’expérience. Chaque morceau réagit à nos performances. Quand on enchaîne les actions parfaites, la bande-son s’enrichit avec de nouvelles pistes ou des basses plus marquées. À l’inverse, quand on rate trop de timing, le morceau se simplifie. Le jeu ne nous accompagne pas seulement. Il vit avec nous.
Chaque run débloque des objets, des compétences et des améliorations qui changent la manière de jouer. Certains pouvoirs renforcent les attaques parfaites. D’autres jouent sur la récupération de santé en rythme. Il existe aussi des amplis démoniaques qui modifient complètement les sensations d’un run.

Les boss sont de véritables concerts agressifs. Chaque affrontement possède son morceau unique et ses patterns qu’il faut comprendre comme une partition. Une attaque correspond à une montée. Une deuxième phase arrive avec un changement de rythme. On danse, on tire, on esquive et on s’adapte. Ces combats sont clairement les moments les plus mémorables.
Devil Jam demande une vraie affinité avec le tempo mais il reste accessible. On peut s’en sortir en jouant au feeling même si on n’a pas un sens du rythme parfait. Cependant, pour ceux qui n’aiment pas les jeux musicaux, l’expérience risque d’être plus frustrante. Les moments les plus intenses deviennent parfois difficiles à lire, surtout quand l’écran explose de couleurs.

Malgré ça, le jeu ne tombe jamais dans la punition gratuite. Les runs sont courtes, rythmées et donnent envie de recommencer immédiatement pour faire mieux ou juste rejouer un passage musical marquant.
Devil Jam frappe avant tout par son concept unique. La fusion entre action et rythme fonctionne parfaitement et donne une personnalité immédiate au jeu. La bande-son évolutive est remarquable et sert autant le gameplay que l’ambiance. Le style visuel est audacieux et déborde d’énergie. Les boss sont inventifs et la progression roguelike donne envie d’enchaîner les runs.
Le jeu reste très niche. Si on n’aime pas les jeux musicaux, l’intérêt s’effondre vite. Certains passages deviennent difficiles à lire à cause de l’intensité visuelle. Quelques morceaux reviennent un peu trop souvent sur plusieurs runs. Enfin, la narration est assez légère et reste au second plan.
Devil Jam est une réussite dans son genre. C’est un roguelike musical nerveux qui transforme chaque combat en performance rythmique. Les sensations sont uniques et certains moments atteignent un vrai pic d’adrénaline. Le jeu ne plaira pas à tout le monde mais, pour ceux qui aiment les expériences originales et les BPM qui cognent, c’est un titre à découvrir. Une petite pépite qui sait exactement ce qu’elle veut faire et le fait très bien.






