Version testée : PC et Nintendo Switch 2
Plates-formes disponibles : Pc et Nintendo Switch
Genre : Plate-Forme
Prix conseillé : 15,99€
Date de sortie : 29 octobre 2026
Studio / Editeur : ReRolled Studio
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !
Sauver une croisière en perdition, explorer des îles hantées et récupérer des bonbons par dizaines… Voilà un programme qui sort un peu de l’ordinaire. Surtout quand le héros de l’histoire est une tranche de pain grillé capable de se tartiner le visage pour obtenir des pouvoirs. Avec Pardon My French Toast, on est clairement loin du jeu de plateforme qui se prend au sérieux, et c’est justement ce qui attire la curiosité. Derrière son apparence de dessin animé complètement déjanté, le titre cache une aventure qui reprend les codes classiques du genre tout en y ajoutant une bonne dose de fantaisie.
Tout commence à bord de la croisière Star Tine. Le rêve de vacances tourne rapidement au fiasco lorsque notre héros découvre que le bateau flotte à peine. Pour éviter que le séjour ne se termine au fond de l’océan, il va falloir partir à la recherche de gros bonbons capables de servir de carburant. Un prétexte aussi absurde qu’efficace pour nous entraîner dans plusieurs dizaines de niveaux, entre gâteaux fruités, jungles tropicales et îles flottantes hantées. Mais ne vous fiez pas trop à cette bouille de toast inoffensif : entre les capacités à débloquer, les objets à collectionner et les séquences de plateforme parfois corsées, les vacances risquent de demander un peu plus d’efforts que prévu. Et si l’humour fait mouche, encore faut-il que le gameplay suive. C’est ce que j’ai voulu vérifier en embarquant pour cette drôle de croisière.


Ce qui fait le charme de Pardon My French Toast, c'est avant tout son système de capacités. Notre héros n'a pas besoin de ramasser une épée magique ou de boire une potion mystérieuse pour devenir plus puissant. Il lui suffit de se tartiner le visage avec le bon ingrédient. Dit comme ça, on pourrait croire à une mauvaise blague, mais cette idée donne naissance à des mécaniques de plateforme plutôt bien trouvées. Le miel permet notamment de grimper sur certains murs ou de tirer des objets, tandis que le chocolat durci sert à détruire des obstacles. Et ce n'est que le début. En progressant, on découvre d'autres utilisations assez inventives de notre pauvre toast : absorber du liquide pour le recracher au bon endroit, se beurrer pour glisser dans des passages étroits, ou encore se griller pour éclairer les zones sombres et brûler certains éléments du décor. Certaines capacités peuvent même se combiner, ce qui ajoute une petite dimension supplémentaire aux situations rencontrées.
J'aime particulièrement cette manière de détourner des ingrédients du quotidien pour en faire de véritables outils d'exploration. Le jeu aurait pu se contenter de son concept amusant pour faire sourire pendant cinq minutes. Au lieu de cela, il s'en sert comme fondation pour construire ses séquences de plateforme. Chaque nouvelle capacité apporte une façon différente d'aborder les obstacles, et c'est précisément ce qu'on attend d'un bon jeu du genre : nous donner envie d'essayer, de comprendre et de trouver le bon enchaînement. Bien sûr, il ne suffit pas d'avoir des idées originales pour que tout fonctionne parfaitement. Encore faut-il que les commandes suivent et que les séquences restent agréables à parcourir. C'est justement là que Pardon My French Toast peut se montrer un peu moins tendre.


Derrière ses couleurs acidulées et son héros improbable, le titre assume une approche assez classique de la plateforme. Il faut sauter au bon moment, évaluer les distances, maîtriser ses déplacements et exploiter intelligemment les capacités acquises. Les mécaniques ont beau être originales, le fond reste celui d'un jeu de plateforme qui demande un minimum de précision. Et attention, la tartine ne bénéficie pas d'un traitement de faveur sous prétexte qu'elle est mignonne. Certaines séquences peuvent se révéler franchement frustrantes. On peut comprendre ce que le jeu attend de nous sans réussir immédiatement à exécuter la manœuvre demandée. Quand les sauts s'enchaînent et que la moindre erreur oblige à recommencer une portion du parcours, le plaisir de la découverte peut rapidement laisser place à l'agacement.
C'est le genre de difficulté qui divise. D'un côté, les amateurs de plateformes à l'ancienne apprécieront probablement cette exigence, qui donne davantage de valeur aux passages réussis. De l'autre, ceux qui espèrent une promenade tranquille dans un univers gourmand risquent de trouver la pilule un peu difficile à avaler. Personnellement, je trouve dommage que certaines séquences puissent casser le rythme, car le jeu possède suffisamment de bonnes idées pour nous donner envie d'avancer sans avoir à lutter contre chaque obstacle. Il faut toutefois reconnaître un bon point : les bulles de tutoriel sont utiles sans devenir envahissantes. Elles expliquent les nouvelles mécaniques au moment opportun, sans transformer l'aventure en une succession de fenêtres explicatives. On apprend progressivement, en comprenant ce que l'on peut faire et en expérimentant par soi-même. C'est une approche bien plus agréable que ces jeux qui nous prennent constamment par la main. Le défi est donc bien présent, mais il ne faut pas confondre difficulté et frustration. Un passage difficile qui nous pousse à revoir notre approche, c'est motivant. Un passage qui donne surtout envie de poser la manette, c'est une autre histoire. Et Pardon My French Toast flirte parfois avec cette frontière.


Visuellement, le jeu a de quoi séduire. Les environnements affichent des couleurs vives, les univers sont variés et l'ensemble possède une identité graphique immédiatement reconnaissable. Entre les décors fruités, les jungles tropicales et les îles flottantes hantées, on passe d'une ambiance à une autre sans avoir l'impression de traverser constamment le même niveau repeint avec une nouvelle couleur.
Ce n'est pas seulement une question de jolies couleurs. L'univers accompagne parfaitement le ton décalé de l'aventure. Tout semble avoir été imaginé pour faire sourire, et le jeu n'hésite pas à pousser son délire jusque dans ses personnages et ses situations. L'humour est omniprésent, avec de nombreuses références à la pop culture qui viennent ponctuer l'exploration. Certaines feront davantage mouche que d'autres selon votre culture vidéoludique, mais cette légèreté contribue à rendre le voyage agréable. Les autres toasts rencontrés pendant la croisière participent également à cette ambiance. Chacun possède sa propre histoire et ses raisons d'être là. En prenant le temps de les découvrir, on peut leur venir en aide et faire progresser leurs quêtes. Tous ne marqueront pas forcément les esprits de la même manière, mais cette galerie de personnages donne un peu plus de vie à un univers qui aurait facilement pu se limiter à une succession de niveaux et de défis.
J'apprécie surtout le contraste entre ce casting complètement absurde et le sérieux avec lequel le jeu construit son aventure. Le héros est une tartine, ses pouvoirs reposent sur des ingrédients sucrés, et pourtant le monde qui l'entoure possède suffisamment de personnalité pour donner envie de continuer. C'est un peu comme si un dessin animé loufoque avait décidé de prendre les règles d'un jeu de plateforme classique et de les secouer dans un grand saladier. Et franchement, ce mélange fonctionne plutôt bien.


Si vous aimez fouiller chaque recoin d'un niveau, vous risquez de prolonger la croisière bien au-delà du simple trajet principal. Pardon My French Toast multiplie les objets à collectionner, notamment les petits oursons en bonbon et les énormes friandises nécessaires pour alimenter le bateau. Chaque niveau peut être exploré dans le but d'en obtenir une complétion totale, avec une médaille d'or affichée sur la carte pour signaler les parcours terminés à 100 %. Ce petit détail fait son effet : on visualise rapidement les endroits où il reste du travail et ceux que l'on peut considérer comme bouclés.
Cette dimension de collection est particulièrement intéressante parce qu'elle donne une raison de revenir dans les niveaux. Lors d'un premier passage, on se concentre naturellement sur la progression et les obstacles. Mais une fois les capacités maîtrisées, on peut repérer des passages oubliés, récupérer les derniers objets manquants et chercher à améliorer son exploration. Les différentes mécaniques prennent alors tout leur sens : une capacité qui semblait surtout utile pour franchir un obstacle peut aussi ouvrir la voie vers un collectible bien dissimulé. Pour les joueurs qui aiment terminer un jeu à fond, c'est un vrai argument. Il y a toujours ce petit réflexe qui consiste à se dire qu'on va simplement récupérer le dernier bonbon avant de passer à la suite. Et, quelques minutes plus tard, nous voilà encore en train de fouiller un recoin du niveau.
Les missions secondaires viennent compléter cette formule. Elles permettent d'en apprendre davantage sur les personnages et d'obtenir des récompenses, sans imposer de tout accomplir pour avancer dans l'aventure. Le fait qu'elles puissent être ignorées est appréciable : chacun peut choisir entre une progression plus directe et une exploration plus complète. Tout n'est évidemment pas révolutionnaire dans cette chasse aux objets. Le principe reste familier et les amateurs du genre en ont déjà vu d'autres. Mais associé aux capacités originales du héros et à la variété des environnements, il apporte une bonne raison de prolonger l'expérience.


Au final, Pardon My French Toast repose sur un mélange assez malin : un univers loufoque, une direction artistique colorée, des personnages attachants pour certains, et un gameplay qui reprend les bases de la plateforme tout en y ajoutant une bonne dose de fantaisie. Son principal atout reste sans conteste son système de capacités. Transformer du miel, du chocolat ou du beurre en outils de progression aurait pu rester une simple idée amusante sur le papier. Pourtant, ces mécaniques apportent une véritable variété aux situations et donnent au jeu une identité qui lui appartient. On ne se souvient pas seulement d'une tartine rigolote : on se souvient aussi de ce qu'elle est capable de faire. L'humour et les références à la pop culture renforcent cette personnalité, tandis que les collectibles, les quêtes secondaires et la chasse à la médaille d'or donnent de bonnes raisons de prendre son temps. La difficulté, elle, constitue à la fois une qualité et une limite. Elle apporte du relief aux séquences de plateforme, mais certains passages risquent de refroidir les joueurs les moins patients.
C'est là que se situe, selon moi, le principal compromis du jeu. Son habillage donne envie de se lancer dans une aventure légère et accessible, mais ses passages les plus exigeants rappellent rapidement qu'il ne suffit pas d'avoir du miel sur le visage pour que tout devienne facile. Une tartine peut être drôle, inventive et particulièrement attachante, mais elle peut aussi nous rester en travers de la gorge. Heureusement, les bonnes idées sont suffisamment nombreuses pour donner envie de poursuivre le voyage. Pour les amateurs de jeux de plateforme qui apprécient les univers décalés et les mécaniques originales, Pardon My French Toast mérite clairement qu'on lui laisse sa chance. Il ne réinvente pas le genre, et ses quelques passages frustrants l'empêchent de décrocher la médaille d'or sans discussion. Mais il possède ce petit supplément d'âme qui fait la différence entre un jeu sympathique et une aventure dont on se souvient avec le sourire. Et puis, soyons honnêtes : combien de jeux nous permettent de sauver une croisière en jouant les héros avec une tranche de pain grillé ? Rien que pour ça, le voyage vaut le détour.

J'ai bien accroché à l'univers complètement déjanté de Pardon My French Toast. Il faut reconnaître qu'incarner une tartine capable de se tartiner le visage pour obtenir des pouvoirs a de quoi faire sourire, mais le jeu ne repose pas uniquement sur cette idée loufoque. Ses différentes capacités apportent une vraie variété aux phases de plateforme, tandis que les environnements colorés et l'humour donnent envie de poursuivre l'aventure. J'ai aussi apprécié la chasse aux collectibles et la possibilité de viser le 100 % dans chaque niveau. En revanche, certaines séquences se montrent frustrantes et viennent parfois gâcher le plaisir. C'est dommage, car le titre possède suffisamment de personnalité pour se démarquer sans avoir besoin de pousser la difficulté à certains moments. Malgré ces quelques accrocs, j'en retiens une aventure originale, amusante et pleine de bonnes idées. Une tartine qui mérite qu'on lui laisse sa chance, même si elle aurait gagné à être un peu moins coriace par moments.
