Fishbowl – Douce histoire sur le deuil
Version testée : PC
Plates-formes disponibles : PC et Mac
Genre : Visual Novel / Narratif
Prix conseillé : 9,99€
Date de sortie : 2 avril 2026
Studio / Editeur : imissmyfriends.studio
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !
"Encore un jeu narratif… mais il ne joue vraiment qu'à ça ce Kyotenshi ?!" Si vous lisez régulièrement nos colonnes, vous avez dû remarquer que bien qu'essayant de varier les plaisirs, je ne cache pas mon attrait tout particulier pour les jeux mettant l'emphase sur leur récit. C'est donc tout naturellement que j'ai jeté mon dévolu sur Fishbowl, qui traite de sujets qui m'intéressent. La solitude, le deuil, mais aussi l'espoir et l'envie de dépassement de soi. Et cerise sur le gâteau, on a même droit à des petits puzzles consistant à défaire des cartons. Il n'en fallait guère plus pour achever de me convaincre.
Fishbowl vous met dans la peau d’Alo, une jeune monteuse vidéo qui s’installe seule dans une nouvelle ville après le décès de sa grand‑mère. Le jeu se déroule sur un mois, un peu particulier s'il en est, puisque qu'on pense directement au confinement ayant lieu en mars 2022. Ce dernier est structuré autour d’une alternance de journées de travail à domicile, de petites tâches ménagères, de choix de planning et d’échanges vidéo avec sa famille et ses amis. Difficile ne pas faire le parallèle avec notre vie quand on a vécu cela : le télétravail, la fatigue mentale, la gestion étrange des relations à distance. Le tout se fait dans une ambiance relativement douce malgré tout, les journées pouvant être (si on le souhaite) ritualisées pour correspondre aux différents profils de joueurs.
Confinement oblige, Alo occupe ses journées comme elle le peut, et l'oeuvre traite cela d'une manière qui rend l'anodin important : on trie les cartons de notre grand-mère, on se prépare notre (nos) café(s), on répond à nos messages, on choisit ce qu'on va manger. Ces petits événements ne sont pour autant pas de tout repos, d'autant plus dans ce contexte. Notre héroïne avance, titube parfois, doit se ressourcer et omettre quelques tâche, mais cozy game oblige, on ne se sent jamais "envahi" ou coupable de ne pas avoir arrosé les plantes une journée, par exemple. Fishbowl est un jeu qui montre l'importance des petits instants. Du manque de l'autre, et qui traite avec justesse des différentes étapes du deuil, dans un moment où l'on ne peut pas compter sur un simple geste tactile rassurant.

A côté de cela, on a plusieurs puzzles de déballage de cartons qui occuperont vos nombreuses journées. Chaque boîte contient des objets liés à la grand‑mère d’Alo, et certaines découvertes déclenchent des souvenirs ou des réflexions plus ou moins profondes. Les objets joyeux vous feront sourire, tandis que d'autres empliront Alo de regrets et s'avèrent plus complexes (et mieux mis en scène), traduisant la complexité du traitement des émotions. Ces moments permettent également d'en apprendre plus sur une culture qui peut totalement nous échapper. Des broderies par-ci, des traditions par-là, la culture hindoue transpire de ce jeu et nous apprend avec douceur à découvrir une autre culture.
Un des éléments les plus marquants de Fishbowl réside dans son personnage jouet un peu curieux : Paplet, un poisson magique doué de parole, qui resurgit du fond de l’enfance d’Alo. Paplet agit comme fil conducteur émotionnel, aidant Alo à repenser certains moments douloureux sous un angle différent pour l'aider à digérer l'information. Il est aussi un guide dans les rêves d’Alo, ces séquences oniriques où ses peurs, ses regrets et ses espoirs se transforment en mondes instables. Les choix faits durant le jour influencent directement les rêves.

Heureusement pour elle, Alo fera de nombreux échanges vidéo avec ses proches, ce qui donne droit à des petits choix de dialogue intéressant, représentés par 3 symboles : lune, nuage et pousse verte. Chaque réponse donne une posture émotionnelle distincte, la pousse représente la franchise, la lune le repli sur soi et le nuage l’évitement. Qu'importe le choix, il n'impactera pas une quelconque balance morale. Il permet juste de projeter notre vécu et de répondre en lieu et place d'Alo.
Visuellement, Fishbowl se veut très doux à l'œil, souvent teinté de surréalisme dans les scènes de rêve. Les tons peuvent basculer du pastel chaleureux à des noirs plus profonds en fonction de ce que ressent notre protagoniste. Je me dois également de mentionner le rythme, qui pourra frustrer certains d'entre vous. Le titre s'articule autour de mini-rituel et ces journées sont répétitives par essence. A titre personnel, je jouais à ce dernier par petites sessions de 45 minutes à 1 heure, sans trop ressentir cet aspect redondant, et aidé par un récit qui avance au compte-goutte, mais qui ne fait jamais de sur-place.
| Une histoire touchante et juste | Un rythme lent par nature |
| Des personnages auxquels on s'attache | Peut-être un poil trop long |
| Visuellement très joli |
Fishbowl m'a fait passer par plusieurs émotions. Derrière ses couleurs douces se cache un récit touchant, où l'on doit aider une jeune adulte à vivre normalement, alors que son monde est bousculé par de nombreux changements. Si la lenteur des cozy-games ne vous rebute pas, c'est un jeu qui vaut le détour.






