Star Trek: Voyager – Across the Unknown – En avant toute !
Version testée : PC (Steam)
Plates-formes disponibles : PC (Steam)
Genre : Gestion - Stratégie - Survie
Prix conseillé : 34,99€
Date de sortie : 18 février 2026
Studio / Editeur : Gamexcite / Daedalic Entertainment
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !
Il y a des licences qui méritent mieux que ce qu'elles ont souvent reçu en matière de jeux vidéo. Star Trek en fait indéniablement partie. Entre les adaptations bancales et les projets abandonnés en cours de route, les fans de la franchise avaient de quoi se montrer méfiants. Et pourtant, voilà que Star Trek: Voyager – Across the Unknown, développé par le studio allemand GameXcite et publié par Daedalic Entertainment, débarque avec une proposition à la fois modeste et ambitieuse : nous mettre aux commandes de l'USS Voyager et nous laisser décider du destin de son équipage.
Une histoire familière… mais jamais écrite d'avance
Across the Unknown démarre exactement là où la série télévisée l'a fait : l'USS Voyager est propulsé à 70 000 années-lumière de la Terre, au cœur d'un Quadrant Delta hostile et inconnu. Le vaisseau est endommagé, les ressources sont au plus bas, et une partie de l'équipage a disparu. Le chemin de retour ? Au moins 70 ans de voyage. Douze secteurs à traverser, chacun recelant ses propres dangers, ses rencontres imprévisibles et ses décisions déchirantes.



Ce qui distingue le jeu de la simple reconstitution, c'est la liberté qu'il nous accorde. Nous revivons les grandes lignes de la série : les Kazon, les Vidiiens, les Borgs, Telek R'Mor, et tant d'autres, mais chaque choix que l’on fait peut faire dérailler ce que l’on pense connaître par cœur. Sauver un personnage que Janeway avait laissé derrière elle ? Embrasser totalement la technologie Borg que l'équipage avait refusée ? Changer complètement l'issue d'un épisode mythique ? Tout cela est possible.


Le jeu propose même des fins alternatives secrètes, qui récompensent les joueurs les plus inventifs ou les plus... déterminés à briser le canon. Cette dimension « et si ? » est l'une des grandes forces du titre, qui transforme une histoire que les fans connaissent en une expérience où chaque partie peut raconter quelque chose de neuf.


FTL dans l'uniforme de Starfleet
Difficile de parler d'Across the Unknown sans mentionner FTL: Faster Than Light, tant les similitudes sont évidentes. On gère un vaisseau spatial, ses ressources, son équipage, et l’on progresse de secteur en secteur en prenant des décisions à la chaîne. Mais si la structure est proche, la mise en œuvre est résolument Star Trek.
Le jeu s'organise autour d'un système de cycles : se déplacer, effectuer des recherches, envoyer des équipes en mission, tout consomme du temps et, bien évidemment, des ressources. Le carburant (deutérium) est une ressource précieuse qu'il faut constamment surveiller. Traîner trop longtemps dans un secteur fait chuter le moral de l'équipage, qui se languit de rentrer, et un moral qui reste à zéro trop longtemps, c'est la mutinerie et le game over. La tension est permanente.



Ce que l’on fait concrètement dans chaque secteur ? Explorer les systèmes stellaires, scanner des planètes pour y collecter des matériaux, mener des missions d'investigation qui se jouent comme des livres dont l’on est le héros (avec des compétences variées selon les membres de l'équipage embarqués), et bien sûr, affronter des vaisseaux ennemis en combat semi-temps réel. Chaque décision porte à conséquence, et l'état du vaisseau en fin de secteur est exactement celui dans lequel on attaque le suivant.



La gestion du vaisseau : le vrai cœur du jeu
C'est là que Across the Unknown brille le plus. L'USS Voyager est livré dans un état déplorable, et c'est au joueur de le reconstruire, pièce par pièce, compartiment par compartiment. En vue latérale, comme une fourmilière, on voit notre équipage s'affairer dans les couloirs, travailler dans les salles, réparer les systèmes endommagés.

Chaque salle a une fonction : l'ingénierie booste le réacteur à distorsion, l'infirmerie soigne l'équipage, le holodeck remonte le moral, les collecteurs Bussard récupèrent du carburant... Et chaque salle coûte des ressources à construire, de l'énergie à faire fonctionner, et du temps à remettre en état après un combat difficile.

Les membres d’équipages peuvent également être affectés aux différentes salles, dont l’efficacité sera plus ou moins améliorée. Mettre un médecin dans les salles des machines ne sera pas très pertinent, mais pourra être utile si votre ingénieur est décédé. Et puis, au fil des aventures, peut-être qu’un Kaizon pourrait rejoindre l’équipage et devenir le nouvel ingénieur ?
L'arbre technologique, divisé en cinq branches (Ingénierie, Équipage, Science, Combat, Borg), ajoute une couche stratégique bienvenue : quel type de Voyager voulez-vous faire évoluer ?

Un vaisseau militarisé jusqu'aux dents mais sans quartiers décents pour l'équipage ? Un vaisseau scientifique qui peine en combat mais excelle en exploration ? Ces choix ont des répercussions concrètes, et c'est précisément ce qui rend la gestion aussi impliquante. On se surprend à passer de longues minutes à optimiser l'emplacement des salles, à planifier les prochaines recherches, à peser le pour et le contre de chaque dépense.
Un univers Star Trek respecté avec soin
GameXcite a visiblement fait ses devoirs. Les personnages sont fidèles à leurs homologues télévisés : Janeway et son pragmatisme obstiné, Tuvok et sa rigueur vulcaine, B'Elanna et son génie bouillonnant, Neelix dans son rôle de soutien et de cuisinier. Le Docteur, d’abord froid et sérieux, qui évolue de plus en plus en découvrant son humanité. Les événements clés de la série sont là, reconnaissables, mais jamais figés : ils servent de point de départ plutôt que de rails imposés.
Les journaux de bord qui ouvrent chaque secteur sont doublés par les véritables acteurs de la série : Tim Russ (Tuvok) et Robert Duncan McNeill (Tom Paris). Un détail qui fait mouche et ancre immédiatement l'expérience dans l'univers de la série. Bien que le jeu soit traduit en français, le doublage est, lui, en anglais uniquement. Une petite pensée à Bruno Dubernat, le doubleur français de Tuvok, qui est décédé en 2022.

Des personnages secondaires comme le Lieutenant Núñez, chef de la sécurité par intérim en l'absence de Tuvok, ou des figures de l'ombre qui peuvent rejoindre votre équipage selon nos choix, enrichissent un casting déjà solide. Les créatures et aliens du Quadrant Delta sont fidèlement représentés, et les références à la série sont légion, jamais gratuites, toujours au service du gameplay.
Missions d'exploration et combats spatiaux
Les missions d'exploration se déroulent sous forme de récit illustré, avec des choix à effectuer dont le succès dépend des compétences des personnages embarqués et du niveau de certaines salles du vaisseau. Le jeu a l'intelligence d'indiquer à l'avance quels types de défis nous attendent, nous permettant de composer notre équipe en connaissance de cause. Envoyer Tuvok pour une fusion mentale, B'Elanna pour un problème d'ingénierie, Kes pour une intervention médicale... chaque héros a sa place.



Les combats spatiaux, eux, se déroulent en temps réel avec possibilité de pause. Le Voyager est piloté automatiquement, mais on gère les priorités de tir, l'utilisation des torpilles, le repositionnement des boucliers selon les quadrants endommagés, et les capacités spéciales de vos trois personnages assignés. Ce n'est pas le mode le plus profond du jeu, mais il remplit bien son rôle et crée des moments de tension réels, surtout lorsqu'on arrive très endommagé dans un secteur hostile.




Le système de résolution automatique est également disponible pour les combats, avec un indicateur de chances de survie. Pratique quand on ne veut pas prendre de risques, mais qui peut s'avérer trompeur face à des adversaires coriaces.
Une rejouabilité réelle et bien pensée
Avec ses éléments rogue-lite, ses systèmes stellaires générés de manière procédurale et la multitude de chemins narratifs possibles, Across the Unknown invite clairement à plusieurs parties. La durée d'une partie standard se situe entre 15 et 20 heures, ce qui en fait une expérience conséquente mais pas démesurée. Mais il est possible de finir beaucoup plus vite, ou plus lentement, selon nos choix.
Les fins alternatives, les personnages que l'on peut recruter ou perdre selon ses décisions, et les différents types de vaisseau que l'on peut construire garantissent que deux parties ne se ressemblent jamais vraiment. On voudra forcément voir ce qui se passe si l'on fait l'inverse de ce qu'on a décidé la première fois, si l'on embrasse ou rejette la technologie Borg, si l'on sauve ou abandonne certains personnages. Cette curiosité est entretenue avec habileté.
Quelques turbulences dans le sillage de la distortion
Across the Unknown n'est pas sans défauts.
La collecte de ressources peut devenir répétitive sur la longueur, et la RNG peut se montrer impitoyable lors d'une série de mauvais jets. Ce qui peut frustrer, en particulier quand on est déjà en mauvaise posture. L'absence de doublage dans les dialogues de gameplay (en dehors des intros de secteurs) est regrettable pour une licence aussi identitaire que Star Trek.
Le système de sauvegarde automatique, qui ne laissait initialement aucun contrôle au joueur, a été la cible de nombreuses critiques. Mais les développeurs sont très à l'écoute de la communauté et ont, depuis, intégré une option de sauvegarde manuelle, ce qui améliore nettement le confort. Il était assez énervant de devoir stopper sa session de jeu et perdre parfois plusieurs dizaines de minutes de jeux, car l'on n'a pas effectué une action menant à une sauvegarde automatique.
Conclusion
Star Trek: Voyager - Across the Unknown est le jeu que les fans de la série attendaient depuis des années sans oser y croire. GameXcite a su s'emparer d'une licence exigeante et en faire quelque chose de personnel, de cohérent, et surtout d'amusant à jouer. La boucle de gestion du vaisseau est réellement addictive, les embranchements narratifs tiennent leurs promesses, et l'univers de Voyager est traité avec le respect qu'il mérite.
Ce n'est pas un jeu parfait, et certaines aspérités (RNG parfois capricieux, collecte de ressources répétitive, doublage limité) peuvent tempérer l'enthousiasme des moins indulgents. Mais pour peu qu'on accepte le contrat, Across the Unknown offre une traversée du Quadrant Delta aussi périlleuse que mémorable.
Et comme dirait Janeway : il n'y a qu'une seule direction. En avant.






