Planet of Lana 2 : Children of the Leaf – C’est beau mais ça sonne creux
Version testée : Nintendo Switch 2
Plates-formes disponibles : PC, PS5, Xbox Series, Nintendo Switch 1 & 2
Genre : Plate-formes
Prix conseillé : 19,99€
Date de sortie : 05/03/2026
Studio / Editeur : Wishfully / Thunderful Publishing
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !
Pratiquement 3 années se sont écoulées depuis la sortie de Planet of Lana. Un jeu que j'avais eu la chance de prendre en main lors de la gamescom 2022, puis de tester l'année d'après. Et mon article ne tarissait pas d'éloges à l'époque. J'étais donc très heureux de voir qu'une suite était en développement, et suis encore plus heureux d'avoir pu mettre mes mains dessus quelques jours avant sa sortie pour vous en parler !
A la vue du titre, vous pouvez légitimement craindre le pire. Il n'en est pourtant rien, j'ai bien aimé ce Planet of Lana II, qui m'a toutefois moins marqué que son prédecesseur. Pourtant, sur le papier, tout est là. La suite se veut plus ambitieuse, c'est toujours insolemment beau et on gagne quelques capacités bienvenues sur cette suite. Mais j'ai cette drôle de sensation que le studio n'est pas allé au bout de ses idées, qu'il aurait pu faire davantage mais qu'il s'est lui-même contraint.
Là où Planet of Lana brillait par sa poésie et son sens du merveilleux, Children of the Leaf tente de reproduire cette formule… parfois un peu trop fidèlement. On retrouve cette même direction artistique peinte à la main, somptueuse et immédiatement reconnaissable. Chaque décor semble conçu pour être contemplé, chaque plan invite à la pause. Mais derrière cette beauté picturale, le jeu peine à retrouver la force émotionnelle du premier opus.

La relation entre Lana et Mui laissait place à une connivence silencieuse, une pureté d’intention. Ici, le duo élargi et les dialogues plus présents cassent un peu cette magie discrète. Le récit s’ouvre sur des enjeux plus grands, presque cosmiques, mais perd en intimité ce qu’il gagne en ampleur. Le jeu veut tout raconter, tout expliquer, et finit par diluer la magie et les émotions.
Sur le plan du gameplay, Wishfully tente quelques évolutions bienvenues, des puzzles plus dynamiques, des interactions environnementales enrichies (Mui peut maintenant contrôler plus de robots, même quelques êtres vivants !), une meilleure gestion des mouvements. Rien de révolutionnaire, mais ça fonctionne bien pour cette formule. Le problème, c’est que la boucle de jeu paraît plus directive : on sent moins de liberté dans la résolution des énigmes, moins de place à l’expérimentation. Cette suite semble craindre l’erreur, et c’est précisément ce qui la rend plus sage, plus convenue. Difficile aussi de ne pas pester face à l'inertie de notre héroïne qui n'a malheureusement pas gagné en agilité. Son saut est toujours un peu pataud, ses talents de grimpette toujours très limités. Quelques séances d'escalades s'imposent.


Reste une bande-son somptueuse, une fois encore, composée par un Takeshi Furukawa en très grande forme, qui habille chaque séquence avec une justesse rare. Certaines montées orchestrales vous feront frissonner tant elles arrivent au moment opportun.
Je sors de ce Planet of Lana II : Children of the Leaf un peu partagé : ébloui par ce que j'ai pu y voir, tant les décors sont magnifiques, et la BO un véritable bonheur pour les oreilles, mais frustré par cette sensation de manque d'ambition assez prégnante. Qu'à cela ne tienne, on a face à nous une belle oeuvre, c'est indéniable. Toutefois il manque cette étincelle, ce petit frisson fragile qui faisait de son prédécesseur une belle œuvre d’art. Peut-être que j'en attendais trop ? C'est possible. Mais j'ai cette étrange impression que Wishfully n'a pas encore tout donné.






