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Cairn – Aller plus haut

Version testée : PS5 Pro
Plates-formes disponibles : PC et PS5
Genre : Aventure
Prix conseillé : 29,99€
Date de sortie : 29/01/2026
Studio / Editeur : The Game Bakers
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !

Avec Cairn, The Game Bakers confirme brillamment qu’il compte parmi les rares studios capables de proposer des jeux exigeants, dotés d'une véritable poésie visuelle et sachant rendre l'exploration gratifiante. Après Furi, trip nerveux et musical sur la confrontation (qui ne m'a pas autant happé que prévu), et Haven, ode tendre et contemplative sur l’amour et la fuite (que j'ai adoré), le studio montpelliérain livre une œuvre d’une profondeur rare. Cairn est à la fois un jeu de survie en haute montagne, une méditation sur la solitude et une ode au dépassement de soi.


On incarne Aava, une alpiniste chevronnée qui part à la conquête de la plus grande des montagnes, hantée par une perte que l'on devine à travers des fragments de souvenirs. Aucun grand monologue ne viendra expliquer ses motivations : tout passe par le geste, le souffle et la lenteur d’une ascension où chaque prise sur le rocher devient un obstacle. La narration se révèle être un véritable tour de force ici. On ne gravit pas cette montagne pour la beauté de la discipline, on la gravit pour affronter et vaincre son propre chagrin.

Cela passe par une mise en scène qui fait l'économie des mots, préférant jouer avec la caméra et quelques petits moments qui font prendre conscience de ce que traverse Aava. La caméra, souvent rapprochée, capte et retranscrit chaque mouvement, un muscle qui tressaille, une poussière de neige qui traverse l'écran… Chaque plan dispose d'un soin tout particulier, visant à retranscrire au mieux l'atmosphère du moment.

Le cœur du jeu repose sur l'escalade, comme on peut s'en douter en voyant le jeu tourner. Loin des automatismes de la plupart des jeux d’action, Cairn demande au joueur de gérer la fatigue musculaire, l’adhérence et la stabilité du centre de gravité de notre protagoniste. Chaque geste, comme tendre le bras, déplacer son pied, s’appuyer sur un piton, engage une lecture de l’environnement minutieuse. On ressent réellement l’effort et le vertige : la réussite d’une ascension repose sur la patience et la maîtrise plus que sur la virtuosité. Un bon sens de l'observation peut parfois sauver de précieux mètres d'ascension.

Cette lenteur est parfaitement assumée et confère au jeu une tension émotionnelle unique en son genre. On comprend vite que Cairn ne veut pas mettre le joueur à l’épreuve et évaluer ses compétences à un instant T, mais plutôt travailler sur sa persévérance. Le souffle du personnage devient celui du joueur : les séquences les plus périlleuses sont accompagnées de sifflements du vent et d’un silence lourd, jusqu’à ce qu’une pointe musicale vienne souligner la délivrance d’un palier atteint.

En plus de l'ambiance sonore, le studio soigne sa cohérence visuelle. Les environnements sont dans l'ensemble assez "minimalistes" mais bénéficient d'un soin tout particulier, alliant un réalisme textural à une direction artistique qui fait mouche. Les nuances de bleu, de gris et de blanc peignent une montagne vivante, tantôt menaçante, tantôt apaisée. On sent la maîtrise du moteur Unity ici, permettant un jeu expressif qui met en valeur la granularité du rocher, la réfraction de la glace et la chaleur des rares refuges qui nous sont offerts.

Difficile toutefois de ne pas évoquer les quelques tares techniques que se traîne le jeu. J'y ai joué sur PS5 Pro et c'était un peu la douche froide. Assez régulièrement, le framerate du jeu s'effondre et remonte péniblement jusqu'à redevenir fluide. Vu la lenteur relative du jeu, ça n'impacte pas nos performances en tant que joueur, mais ça peut parfois amener une petite gêne visuelle et on perçoit directement ces moments où le jeu galère. Ajoutons à cela quelques fâcheux bugs de collision qui m'ont fait perdre quelques précieux mètres de progression, me forçant à revenir à un checkpoint précédent. Moins dérangeant, mais cassant un peu l'aspect réaliste de l'œuvre, Aava se retrouve parfois dans des positions défiant toute logique anatomique, avec une jambe passant parfois derrière un bras alors que l'amorce du mouvement rendait cela impossible.

Points forts Points faibles
Une ode à la persévérance et au dépassement de soi Fluidité en dents de scie
Aava, une héroïne unique en son genre Quelques soucis de collision
La montagne, un personnage à part entière
Des émotions comme j'en ai rarement vécues

Avec Cairn, j'ai mon premier gros coup de cœur de cette année 2026. Exigeant, le nouveau titre de The Game Bakers l'est assurément, mais pour une raison qui nous échappe au départ, on prend vite goût à cette quête que s'impose Aava. Son ambition, sa souffrance et sa persévérance deviennent les nôtres et on lutte pour grimper sur le plus grand des sommets, en passant par bon nombre d'émotions.



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