Dans le Backlog – Batman Arkham
Version testée : Steam
Plates-formes disponibles : PS3, Xbox 360, PC, Wii U, PS4, Xbox One, Switch, PS5 (rétrocompatibilité), Xbox Series X|S (rétrocompatibilité)
Genre : Action/Beat'em all
Date de sortie :
- Batman: Arkham Asylum : 25 août 2009
- Batman: Arkham City : 18 octobre 2011
- Batman: Arkham Origins : 25 octobre 2013
- Batman: Arkham Knight : 23 juin 2015
Studio / Editeur : Rocksteady / WB Games Montréal (Origins) / Warner Brow Interactive
Entre les sorties qui s’enchaînent et le manque de temps, certains jeux finissent inévitablement dans le backlog. Pas par désintérêt, mais parce qu’il faut bien faire des choix.
Dans le Backlog, c’est l’occasion de revenir sur ces titres quelques années plus tard, loin de l’agitation de leur sortie, pour voir ce qu’ils proposent encore aujourd’hui
La série Batman Arkham fait partie de ces références que beaucoup connaissent de réputation, sans forcément les avoir parcourues de bout en bout. Lancée à la fin des années 2000, elle a redéfini ce que pouvait être un jeu de super-héros, en proposant une approche à la fois plus sombre, plus posée et résolument tournée vers le gameplay.
Revenir sur cette saga aujourd’hui, c’est aussi mesurer ce qu’elle a apporté, et voir si ses fondations tiennent encore face aux standards actuels.

Batman: Arkham Asylum

Le premier épisode de la saga s’inscrit dans un cadre volontairement resserré: l’asile d’Arkham. Un lieu fermé, chargé d’histoires, qui sert de décor unique à une prise de contrôle rapide et méthodique. Le scénario reste volontairement simple, mais il installe immédiatement une tension constante, portée par une atmosphère sombre et une galerie de personnages emblématiques.
Revenir sur Arkham Asylum aujourd’hui, c’est d’abord retrouver un jeu très cadré, presque austère dans sa structure, mais parfaitement cohérent avec ce qu’il cherche à raconter. L’asile n’est pas un simple décor: c’est un espace fermé, oppressant, qui impose son rythme et conditionne la manière de jouer. La progression se fait lentement, gadget après gadget, en revenant régulièrement sur ses pas, ce qui renforce cette sensation d’enfermement permanent.

Manette en main, tout est pensé pour donner le contrôle sans jamais transformer Batman en machine invincible. Les affrontements demandent d’observer, d’anticiper, de gérer plusieurs menaces à la fois, tandis que l’approche furtive devient rapidement la solution la plus efficace. Se déplacer dans les hauteurs, isoler un ennemi, disparaître avant que les autres ne comprennent ce qui se passe… ces mécaniques s’intègrent naturellement à l’ambiance du lieu. Le récit, volontairement simple, sert surtout de fil conducteur à cette descente dans un univers de plus en plus instable. Malgré quelques passages plus rigides et des boss parfois datés, Arkham Asylum conserve une identité très forte, qui explique encore aujourd’hui son impact.

Batman: Arkham City

Avec Arkham City, cette fois, l’échelle change complètement. Une partie de Gotham a été transformée en prison à ciel ouvert, où criminels et figures emblématiques de l’univers Batman cohabitent sous une autorité opaque. Le récit gagne en ampleur, multiplie les enjeux et s’inscrit davantage dans la durée, tout en conservant un fil directeur clair.
Dans ce second opus, la série change d’échelle. Le jeu abandonne la structure fermée pour proposer une zone semi-ouverte, transformant Gotham en véritable terrain de jeu vertical. Le déplacement devient central, avec une utilisation bien plus poussée du grappin et du vol plané, donnant un sentiment de liberté inédit.
Les systèmes de combat gagnent également en profondeur: davantage d’ennemis aux comportements variés, une meilleure intégration des gadgets, et une gestion plus stratégique des affrontements. L’infiltration évolue également, avec des arènes plus ouvertes qui laissent au joueur le choix de son approche.

La narration profite pleinement de cette nouvelle structure. Le scénario s’étale davantage, introduit plus de personnages et propose des arcs secondaires qui enrichissent l’univers sans casser le rythme principal. Arkham City parvient à équilibrer exploration, narration et gameplay, ce qui explique pourquoi il reste, pour beaucoup, l’épisode le plus abouti de la saga.
Avec le recul, il conserve une excellente fluidité et un rythme très maîtrisé, même si certaines activités annexes peuvent paraître plus répétitives aujourd’hui. (hein, l'Homme Mystère et tes satanés trophées à trouver !)

Batman: Arkham Origins

Avant d’être une légende, Batman a dû faire ses preuves. Arkham Origins choisit de revenir à cette période charnière, le temps d’une nuit particulièrement mouvementée. L’histoire se concentre sur l’émergence de nouvelles menaces et sur un héros encore en construction, moins assuré, plus impulsif.
Souvent considéré comme un épisode “à part”, (un peu à tort selon moi) Arkham Origins reprend la structure et les systèmes de Arkham City, mais les applique à un Batman plus jeune, moins expérimenté et plus brutal. Cette orientation se ressent autant dans la narration que dans le gameplay.

Les combats mettent davantage l’accent sur la puissance et la confrontation directe, tout en conservant les mécaniques d’infiltration. Le jeu se distingue surtout par la qualité de ses affrontements de boss, plus travaillés mécaniquement et plus mémorables que dans les autres épisodes.
Narrativement, Origins adopte un ton plus personnel, centré sur la construction du mythe de Batman et ses premières confrontations avec des ennemis majeurs. L’écriture est plus inégale, mais propose quelques moments forts qui méritent d’être redécouverts.
S’il manque d’innovations majeures et souffre parfois de redites, Arkham Origins reste un épisode solide, qui gagne clairement à être intégré dans une relecture complète de la saga.

Batman: Arkham Knight

Avec Arkham Knight, la série atteint un point de bascule. Gotham est plongée dans une situation de crise permanente, et le récit adopte une approche plus directe, plus lourde de conséquences. L’histoire s’articule autour d’une nouvelle menace, tout en cherchant à donner un sens à ce qui a été construit au fil des épisodes précédents, avec un accent plus marqué sur Batman lui-même et ses limites.
Cette volonté de boucler la boucle se ressent dans la mise en scène et dans l’ampleur générale du jeu. Le scénario vise large, parfois trop, mais assume son ambition en cherchant à offrir une conclusion à la fois spectaculaire et définitive, quitte à opérer des choix narratifs qui ne feront pas l’unanimité.

Cette ambition se traduit par une ville immense, dense, pensée pour des déplacements rapides et constants. Le gameplay atteint ici une grande fluidité, avec des combats particulièrement bien huilés. L’intégration de la Batmobile apporte de nouvelles possibilités, mais modifie sensiblement le rythme, parfois au détriment de l’équilibre général.
Si certains choix narratifs peuvent diviser, Arkham Knight reste une conclusion cohérente, généreuse et toujours agréable à parcourir aujourd’hui.

Pourquoi y (re)jouer ?
Revenir sur la série Batman Arkham aujourd’hui permet d’abord de mesurer à quel point sa formule reste solide. Son système de combat, en particulier, a profondément marqué le jeu d’action moderne. Basé sur le timing, l’anticipation et la lecture du rythme des affrontements, il s’apparente presque à un jeu de rythme, où chaque action s’enchaîne naturellement si le tempo est respecté. Cette approche a largement influencé de nombreux jeux par la suite, au point de devenir un modèle du genre.
Mais Arkham ne se limite pas à son efficacité manette en main. La saga se distingue aussi par la cohérence de son univers et de sa narration. Chaque épisode s’inscrit dans une continuité claire, avec des enjeux qui évoluent sans jamais renier ce qui a été posé auparavant. Rejouer la série aujourd’hui, c’est parcourir une vision complète et assumée de Batman, construite sur plusieurs jeux, sans dépendre de mécaniques temporaires ou de contenus éphémères.
Enfin, la série Batman Arkham reste une référence, et à titre personnel, l’une des meilleures adaptations de super-héros en jeu vidéo. Elle parvient à trouver un équilibre rare entre respect du matériau d’origine, plaisir de jeu et cohérence globale. Que ce soit pour enfin sortir ces titres du backlog ou pour redécouvrir une saga fondatrice du jeu de super-héros modernes, Arkham mérite encore largement qu’on s’y attarde.





