Skate Story – Skater de verre
Version testée : Nintendo Switch 2
Plates-formes disponibles : PC, PS5 et Nintendo Switch 2
Genre : Action / Sport
Prix conseillé : 19,99€
Date de sortie : 8/12/2025
Studio / Editeur : Sam Eng / Devolver Digital
Clé fournie par l'éditeur, merci à eux !
Skate Story est un jeu de skate comme on en voit peu. Contrairement à des Skate ou Tony Hawk Pro Skater, Sam Eng cherche à transformer cette discipline en espèce de voyage métaphysique halluciné. On est loin des expériences simulation ou même arcade, et plus proche d'une espèce de parcours du combattant. C'est exigeant, presque viscéral, avec chaque chute renforçant la fragilité de notre héros bien destiné à mettre fin à cette "malédiction".

Le début de l'aventure nous met directement dans le bas, puisqu'on comprend vite en signant un pacte avec le Diable que l'on devient un démon de verre, condamné à traverser l’Underworld armé d'un simple skate avec une mission assez curieuse : atteindre la Lune et la dévorer. Cela a le mérite d'être original, et ça donne une dimension de conte infernal au jeu, un voyage délirant où la narration est quasi nulle mais constamment suggérée par l'environnement, les différents personnages que l'on croise et surtout, par le vécu skate vissé aux pieds.
Un simple coup d'œil aux images ou à la bande-annonce suffit à comprendre que la grande claque vient de sa direction artistique. Notre héros, tout en verre, diffracte la lumière à chaque mouvement, et va transformer chaque tricks en explosions de reflets et de particules colorées. Les environnements ne sont pas en reste, ressemblant à une ville nocturne qui aurait basculé dans un rêve halluciné : les rues sont désertes, les enseignes demeurent lumineuses, l'architecture défie les lois de la gravité, et des espèces de créatures de cristal flottent dans la brume. On a constamment l'impression de progresser dans une galerie d’art délirante, à mi-chemin entre cauchemar urbain et trip sous acides.

Cette beauté a cependant un prix : Skate Story refuse de simplifier la pratique du skate. Les tricks sont exigeants et reposent sur des mappings très précis, demandant timing, anticipation et rigueur. Chaque ollie, chaque grind, chaque flip se mérite. Et vous imaginez bien qu'avec un corps tout en verre, chaque chute est une punition aussi immédiate que spectaculaire : on explose à l’écran, condamné à réessayer jusqu'à ce qu'à la victoire. Le message est aussi simple qu'abrupte, il faut accepter d'échouer pour réussir.
La structure du jeu alterne entre zones d’exploration et segments plus dirigistes. Dans certains espaces plus ouvert, on peut parler à des PNJ souvent étranges, acheter des améliorations, débloquer de nouveaux tricks et explorer. En dehors de ces zones, on se retrouve coincé dans des runs plus linéaires où il faut progresser, garder une vitesse assez élevé et enchaîner les lignes sans se vautrer. Quelques séquences font office de boss fights déguisés, forçant à effectuer divers tricks pour survivre et gratter les barres des différents boss.
On se retrouve ainsi avec un titre alternant entre deux rythmes, qui peut désarçonner au départ, même si j'y ai vite pris goût. On peut toutefois trouver Skate Story frustrant. Le jeu n'est pas une zone de jeu permanente : il impose de multiples contraintes, nous fiche la pression à chaque run et demande de la discipline pour progresser. Si vous cherchez un jeu détente, ce n'est sans doute pas la bonne pioche !

Un petit mot sur les musiques, qui accompagnent parfaitement chaque action, s'adaptant au délire ambiant avec une justesse assez remarquable et renforçant le trip que l'on vit. Enfin, techniquement, sur Switch 2, c'est du bon travail. On a le choix entre un mode performance et qualité. Pour des raisons assez évidentes, je ne peux que vous invitez à opter pour le mode performance qui fait honneur au rythme parfois endiablé du titre, en ne sacrifiant que légèrement la qualité visuelle de l'ensemble.






