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Of Bird and Cage – De la musique ludique

Le projet Of Bird and Cage m'a intéressée dès que j'en ai entendu parler car, ici, la musique n'a pas été créée pour supporter le gameplay, mais l'inverse : ce jeu narratif n'a comme seule vocation que celle de magnifier la bande son, pour ce qui au final se révèle être un long clip d'un album de métal symphonique. Des noms célèbres ont donné leur voix à la musique d'Arnold Nesis : Kobra Paige (Kobra and the Lotus), Davidavi 'Vidi' Dolev (Gunned Down Horses), Ron "Bumblefoot" Thal (ex-Guns N’ Roses), Rob van der Loo (Epica), Ruud Jolie (Within Temptation), Danny Worsnop (Asking Alexandria), Casey Grillo (ex-Kamelot), Rocky Gray (ex-Evanescence), Mike Lepond (Symphony X), Tina Guo et Snowy Shaw (ex-King Diamond, ex-Therion). 

L'histoire est très sombre et le prologue place directement dans l'ambiance avec un événement traumatisant. Alors qu'elle n'est encore qu'une petite fille, l'héroïne joue dans sa chambre avec sa maman, quand son papa, a priori alcoolisé, débarque. Très vite, ses parents se disputent, et son papa tente d'étrangler sa maman, juste sous ses yeux. Je vous l'avais dit, ce n'est pas gai... Il ne vaut mieux pas s'endormir car la première séquence de QTE se déclenche (vous savez, ces séries de touches qu'il faut appuyer au bon moment, comme elles sont indiquées à l'écran). En la réussissant, la petite fille sauve sa maman ! Ouf ! Car les choses auraient pu, je le crains, être bien pires 🙁

Une dizaine d'années après, la vie de Gitta Barbot ne s'est guère améliorée. Consommatrice régulière d'une drogue qui lui permet de  tenir sous contrôle ses hallucinations, elle gagne juste assez d'argent avec son métier de serveuse pour s'en sortir. Entre un boss qui passe son temps à l'insulter et un petit-copain dealer, ses journées sont pleines de joie et d'entrain, dans des environnements qui respirent l'allégresse et la propreté ! Oui, bon, vous m'aurez compris, tout est au contraire déglingué autour d'elle, les gens sont sales, son camping-car est miteux, et même le restaurant où elle travaille est un bouge crasseux. Mais elle n'a pas d'autres solutions, et se traîne. Chaque journée passée est un nouveau calvaire, il faut survivre et trouver la dose de cette drogue dont elle a tant besoin, car si Gitta vient à en manquer, le monde se recouvre de flammes, dans une version très flippante de l'enfer sur terre. 

Du côté du gameplay, nous nous retrouvons avec quelque chose de très habituel, dans une vue à la première personne et un monde en 3D. De scènes en scènes, souvent dans des espaces intérieurs étriqués, il faut observer l'environnement pour y trouver les objets nécessaires à chaque situation et cliquer dessus, pour déclencher quelque chose, ou pour le garder de côté. Certains PNJs peuvent débloquer des possibilités via de petites discussions. N'attendez pas de longs dialogues, mais vous aurez pas mal de choix qui ont des impacts importants sur l'histoire. Et il y a des CDs à trouver, cachés un peu partout.

Les actions sont guidées selon les pensées de Gitta, qui s'affichent en surimpression sur le monde autour d'elle, parfois avec un effet limite psychédélique guidé par la musique, pour mieux rendre la folie de l'héroïne. De manière plus classique, ces sortes d'objectifs sont résumés sur la gauche de l'écran et se cochent une fois réussis.

Mais le rythme est bien plus effréné que dans les jeux narratifs classiques au milieu de toute cette violence, avec parfois l'écran qui vibre au son des basses. Déjà, comme je l'évoquais déjà auparavant, des QTE viennent régler les situations périlleuses, avec des combinaisons de deux ou trois touches, soit à maintenir, soit à appuyer. La difficulté est importante pour qui n'est pas habile sur un clavier, et j'en ai moi-même raté un bon pourcentage. Il n'y a pas beaucoup de temps pour réagir, les touches sont liées au clavier anglais (même s'il n'y a pas besoin de passer son clavier en QWERTY, il n'en reste pas moins que quand le jeu demande Q, il faut en fait utiliser A) et le panel est important (A, E, F, R, Espace, clic gauche). Enfin, musique oblige, tout est minuté. Chaque exploration d'une zone s'effectue dans un temps maximum et, si les mystères ne sont pas tous révélés une fois le chronomètre arrivé à zéro, alors le jeu continue, en prenant en compte ce qui a été fait, ou pas fait.

Le jeu se déroule sur une bande originale de deux heures, pour une histoire qui se déroule en trois actes, et une vingtaine de chapitres. Bande originale qui est d'ailleurs vendue en supplément du jeu pour 6,59€ ici si vous désirez en profiter indépendamment. Pour conclure, une expérience atypique, basée sur un concept étonnant, et qui fonctionne étonnamment bien, avec un synchronisme entre les actions des personnages et les paroles des chansons admirablement bien maitrisées. Les graphismes sont agréables, et s'accordent bien avec l'univers sombre et déprimant dans lequel évolue Gitta. Un seul bémol me concernant : la difficulté des QTE et le stress omniprésent de cette barre de temps, de ces secondes qui s'écoulent, et qui empêchent d'explorer de fond en comble. Je suis peut-être parfois un peu lente à comprendre ce qu'il faut faire dans ce type de jeu, mais j'aime aussi ouvrir chaque placard, et regarder derrière chaque pile. Ici, je n'ai pas pu le faire, et j'avoue avoir été un peu frustrée. Alors oui, l'interface permet de rejouer n'importe quel chapitre, mais ce n'est pas pareil que de le faire au coeur de l'action.

Malgré ce point qui, je pense, est très personnel et ne gênera pas forcément tous les joueurs, un jeu que je conseille aux amateurs de jeux narratifs, d'autant plus si vous écoutez du métal ! D'ailleurs, les évaluations très positives sur Steam ne s'y trompent pas !


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