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El Hijo : A Wild West Tale – El Sombre Héros

En dehors de Pokemon où la cruauté des bambins est à son paroxysme, incarner un enfant dans un jeu vidéo est souvent synonyme de jeu gentil, paisible, non violent. Et ce même si, parfois, les thèmes et les histoires abordés peuvent être durs, voire cruels. El Hijo : A Wild West Tale, que nous allons découvrir dans les prochaines lignes, ne déroge pas à la règle, puisque Honig Studio nous propose son titre d'infiltration/énigmes sur Consoles (Playstation 4, Switch, Xbox One), après une sortie PC et Stadia fin 2020, dans lequel nous incarnons un petit bonhomme de 6 ans qui va tenter de s'échapper du monastère rempli de moines louches et sauver sa maman des griffes de bandits sans vergogne dans un Far West mexicain on ne peut plus hostile...

Le jeu commence donc par la fuite d'une mère et son fils hors de leur demeure mise à sac et incendiée par des banditos. Nous ne saurons jamais réellement pourquoi, puisque le jeu est muet. Pas un dialogue, pas une ligne d'histoire., juste des cinématiques muettes. On aime ou pas. Moi j'apprécie lorsque c'est bien fait et ici, c'est presque bien fait puisque même si la base passe bien, il manque un brin d'émotions dans la mise en scène (mon petit côté cinéphile qui parle) ainsi qu'un petit quelque chose pour que tout passe comme une lettre à la poste sans cette confusion qui peut être assez présente, vu le nombre de "factions" en jeu.
Mais revenons à notre histoire. El Hijo, faute de nous donner son prénom, va donc se retrouver au tout début du jeu dans un monastère dans lequel vous allez tenter de vous enfuir pour retrouver et sauver la mère. Surtout que rapidement, les moines vont se montrer plus que malsains. 100% vrai ! Quand je les ai vus, je suis parti dans un délire d'autant que ce sont des moines sataniques pédophiles esclavagistes. 2/3 de bon ! Et encore, le dernier tiers c'est parce que le jeu ne le montre pas, mais on n'a aucune preuve du contraire donc je peux encore faire carton plein ! Hahaha ! En tout cas, ils ne sont pas recommandables comme quasi tous les adultes du jeu !

Concrètement, le personnage se dirige avec une vue aérienne incomplète et peut se déplacer avec le stick gauche, s'accroupir pour rester discret, courir, se cacher en utilisant l'environnement, les ombres (jarres, wagonnets, cercueils, etc.) Ou bien utiliser des objets pour tenter de se décoincer de situations délicates. Au nombre de cinq (lance-pierres, jouet, nuage de fumée, feu d'artifice et sombrero) , le joueur va devoir user d'un peu de jugeote pour progresser sur les énigmes de type : "comment je vais arriver à passer ce type sans me faire voir avec ce que j'ai à disposition ?" car même si le jeu en soi n'est pas particulièrement difficile grâce à ses (trop) nombreux checkpoints, certains passages se montreront tout de même un peu plus costauds, surtout si vous souhaitez accomplir les deux objectifs secondaires : inspirer tous les enfants de chaque niveau et terminer un niveau sans vous faire repérer, ne serait-ce qu'une seule fois.
La trentaine de niveaux se boucle cependant en 5 heures environ. Bien dommage car on aurait voulu en avoir plus, tellement la progression est bien dosée et ajoute régulièrement de nouveaux challenges.

Cependant, tout n'est pas rose puisque quelques cafouillages de gameplay sont à noter, à commencer par certains temps de latence entre la pression du bouton d'action et l'interaction désirée. Sur ce type de jeu où la précision et le timing peuvent être exigeants, cet input lag peut parfois faire la différence entre la réussite ou l'échec. Surtout que les hitboxes des ennemis sont assez généreuses !

De même, un bug pour lequel une action est lancée mais ne s'achève pas, rendant impossible toute autre action jusqu'à forcer la réinitialisation du niveau si on est isolé de tout garde aux aguets, revient trop souvent. Et  de manière récurrente puisque je l'ai rencontré 5 fois sur les 5-6h nécessaires pour boucler le jeu. Et si vous voulez mon avis, c'est bien 5 fois de trop, surtout lorsqu'il apparaît lors de séquences ardues.
Dernier point noir du jeu : les séances en wagonnet. Oui l'idée de pouvoir se déplacer en wagonnet dans le cadre de certains puzzles est super géniale. Mais le comportement du véhicule sur les rails est complètement irrégulier avec des moments particulièrement WTF. Certes, ces séquence sont rares donc gérables, mais la dernière du jeu, bien plus longue et rapide que les autres, est un cauchemar : le chariot déraille alors qu'il ne devrait pas en temps normal, les hitboxes deviennent risibles tellement elles sont larges, sans même compter un niveau final (je ne parle pas de l'épilogue) qui laisse sur sa faim tellement il contraste avec le reste de l'aventure...

Avant de vous laisser réfléchir à votre éventuel investissement dans El Hijo : A Wild West Tale, je tenais à préciser qu'on a là un jeu au design mignon et coloré de type comics, agréable à jouer malgré les petites contrariétés de gameplay, mais que si vous recherchez un jeu d'infiltration basé sur la résolution de petites énigmes qui réinventent le genre, vous serez déçus. Car aussi sympathique soit-il, El Hijo : A Wild West Tale n'invente pas, ni ne révolutionne en rien ce type de jeu.

Cependant, sur ce que le jeu propose, il le fait bien et on y passe un agréable petit moment. Alors pourquoi s'en priver ?


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