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Crayta – Jouez et créez

La semaine dernière, pendant deux petites heures, des membres de l'équipe d'Unit 2 Games ont emmené une vingtaine de journalistes, dont je faisais partie, découvrir leur jeu multijoueur, mettant l'accent sur la création, la collaboration et le partage : Crayta. Le titre sera disponible en avant-première sur Stadia (First on Stadia) dans moins de deux jours maintenant, mercredi 1er juillet ! Gratuit pour les abonnés Stadia Pro (dans son édition Premium), deux versions sont disponibles à l’achat dans la boutique Stadia.

  • Le jeu de base
  • 500 Crédits Crayta (monnaie du jeu permettant d’acheter des cosmétiques)
  • Du contenu saisonnier post-launch courant 2020
  • Le jeu de base
  • Du contenu cosmétique exclusif
    • Mesmer Outfit Collection
    • Hexx Outfit Collection
    • Exclusive Digit Craytawear Colourway
    • Jellyfish Drone
    • Hocus Pocus Emote
    • Thunderbolt Emoticon
    • 2 Exclusive Icons
    • 5 Exclusive Sprays
  • Un boost d’XP
  • 1000 Crédits Crayta (monnaie du jeu permettant d’acheter des cosmétiques)
  • Du contenu saisonnier post-launch courant 2020

Avant de rejoindre les autres, j'ai pu créer mon avatar, en choisissant son corps (parmi 3 féminins et 3 masculins), sa couleur de peau, son visage et la couleur de ses yeux. Les archétypes sont plutôt réalistes, avec uniquement des caractéristiques "normales", sauf pour la couleur des yeux qui innove un peu avec du rose ou du rouge. Le style couvre les cheveux et leur couleur, la mèche et sa couleur, et le maquillage. Il reste encore à choisir  sa tenue, parmi une dizaine d'options, uniquement des tenues intégrales, sans choix de couleurs. Force est de constater que malheureusement, quand je rejoins les autres journalistes, beaucoup sont habillés comme moi. La personnalisation se termine en choisissant une icône (utilisée à côté du pseudo), quatre actions (des musiques, des graffitis, des émotions ou des émoticônes) et un drone (compagnon ayant toute son importance dans l'outil de création comme j'en parlerai plus bas).

Heureusement, j'ai par la suite été rassurée concernant les options de personnalisation car le personnage monte de niveau en se connectant et en participant à des activités sur Crayta, ce qui débloque de nombreuses nouvelles possibilités. J'ai notamment débloqué une tenue, qui elle-même accumule de l'expérience, pour accéder à encore plus de coloris. J'ai également eu une tête d'elfe. À terme, au fur et à mesure que les joueurs progressent, une plus grande variété devrait donc apparaître.

Il est juste dommage qu'il ne soit par contre pas possible de prévisualiser les actions, comme les graffitis ou les musiques, car cela oblige pour chacune à se rendre dans le hub pour tester le résultat.

 

Jouer

En tant que simple joueur, Crayta offre l'opportunité de découvrir des jeux originaux proposés par les équipes d'Unit 2 Games et quelques studios invités. Tous sont disponibles depuis l'onglet "Jouer" du jeu, ainsi que dans le hub qui présente les activités sur de grands écrans. L'interface a l'avantage de donner quelques informations supplémentaires avec des notes, des commentaires et un principe de coup de coeur (pour établir une liste de ses préférés). Comme malheureusement il y aura forcément des joueurs qui créeront du contenu inapproprié, c'est aussi là qu'il est possible de signaler les créations déplacées.

Super Doom Wall (par Spilt Milk Studios) met les réflexes de tir à rude épreuve face à 3 autres joueurs, dans une arène au milieu de laquelle se déplace un mur destructible. Tout est question de placement, car on ne marque des points qu'en tirant sur un adversaire qui se trouve entre son personnage et le mur. Les jumpers sont impérativement à éviter car ils font décoller, amenant à passer devant les paliers les plus rémunérateurs, affichés en haut du mur, ce qui fait courir le risque d'offrir des points à l'adversaire s'il réussit à tirer à ce moment là ! Rester près des bords et ne pas sauter présente aussi un inconvénient : celui de tomber, surtout que le mur va d'un bord à l'autre, obligeant à percer un trou pour passer de l'autre côté. Réussir le mur offre un bonus, tandis que tomber inflige un malus.

Huddle for Warmth (par Double Bit Games) est un jeu de survie où il faut trouver les congélateurs avant que tout le monde ne meure congelé. La seule façon de survivre oblige à trouver les feux de camp, pour s'y réchauffer avant de repartir en quête. J'avoue ne pas avoir trop compris, ayant passé plus de temps à tenter de retrouver les autres dans le brouillard, avant de brutalement décéder d'hypothermie, toute seule, dans la neige.

Enfin, à la fin, nous avons testé Prop Hunt (par Unit 2 Games), dans lequel un joueur doit chasser les autres joueurs déguisés en objets du quotidien. La partie met en relation jusqu'à 20 joueurs au total, pour des parties très courtes de 2 à 3 minutes seulement. Les joueurs déguisés sont obligés de bouger continuellement, sinon cela augmente leur exposition et les rend détectables par le chasseur, mais cela met aussi en danger, forcément (voir une chaise trotter, ça met la puce à l'oreille). Un Hide & Seek qui fonctionne toujours aussi bien !

Créer

En plus petits groupes, nous sommes ensuite partis découvrir l'envers du décor et son outil de création, le même qui a servi à Unit 2 Games et à ses studios-invités pour créer tous les jeux que nous venions juste de tester. Douze gameplay sont actuellement proposés : collection, match à mort par équipe, contre-la-montre, course d'obstacles, exercices de tir, aventure, capture du drapeau par équipe, course synchrone, éliminations par équipe, chacun pour soi, survie, et jeux d'armes.  Certains de ces jeux sont terminés et leur code est entièrement accessible. Les créateurs les moins expérimentés qui ont juste envie de s'amuser à empiler quelques briques pourront se contenter de s'appuyer sur un de ces exemples, puis changer une ou deux règles, voire le décor tout entier grâce aux voxels et aux assets.

Les plus à l'aise avec les outils de création pourront en exploiter toute la puissance, avec un nombre d'options qui n'a pas à rougir des gros moteurs de jeu. Pour avoir pas mal regardé récemment Unreal Engine, j'ai retrouvé le même concept, avec sur la gauche la librairie, en haut la barre d'outil, et à droite les options des assets et du monde. Afin de rendre la navigation dans le niveau plus aisée, il est possible de prendre le contrôle de son drone, passant à une vue à la première personne bien plus pratique pour la manipulation des blocs. Il existe une telle quantité d'options que cela serait imbuvable de toutes les énumérer ici, surtout que les objets dynamiques, comme le mode de jeu, les caméras ou les lumières, peuvent se voir enrichis d'un script, ce qui leur offre des comportements avancés. Si cela vous intéresse, je vous invite à parcourir la chaîne YouTube officielle qui offre des vidéos dédiées à l'outil avec énormément de cours, malheureusement en anglais.

Le nombre d'éléments est tel que, malgré une organisation par types, et même un moteur de recherche, il n'est pas toujours évident de trouver ce qu'on cherche, encore moins quand on ne sait pas exactement ce qu'on cherche et qu'on crée en fonction de ce qu'il y a. J'ai découvert après plus de deux heures par exemple l'existence de grosses structures de voxels, étant passée totalement à côté, et n'ayant dans un premier temps remarqué que les modèles (qui sont eux des créations plus complexes, regroupant voxels et assets, pour proposer des environnements prêts à l'emploi). Bon, j'avoue, je n'ai pas non plus suivi de tutoriel donc c'est un peu ma faute. Le seul manque que je n'ai pas réussi à combler, et qui va pas mal limiter les jeux de rôle par exemple, c'est l'absence de PNJs. Ou alors ils sont tellement bien cachés que je les découvrirai plus tard !

Comme tout outil, d'autant plus aussi complet que celui de Crayta, cela demande un certain temps d'adaptation et je suis encore loin de pouvoir me vanter de le maîtriser ne le parcourant que depuis vendredi après-midi. Il comblera par contre sans hésiter les attentes de nombreux créateurs qui devraient pouvoir donner vie à des jeux, originaux ou copies d'existants, dès le lancement de la bêta.

Un concept intéressant est le "State Share Beta" qui, grâce à un code unique, donnera l'opportunité de partager sa création avec un public restreint, l'occasion d'inviter ses amis seulement ou encore d'effectuer un débogage en petit comité avant le lancement. Nul doute que des gens vont profiter de cette possibilité pour créer des jeux spéciaux pour des occasions ou bien des streamers vont s'en servir pour affronter leurs spectateurs. Cette fonctionnalité n'est pas encore totalement fonctionnelle, mais elle est très prometteuse.

 

Conclusion

Crayta se positionne sur le même secteur que le très populaire Roblox, ou même que des monuments comme Minecraft. En se lançant en exclusivité sur Stadia, le studio Unit 2 Games prend un risque évident, limitant sa communauté à une seule plateforme, alors que le succès d'un jeu de création collaborative vient de la taille de sa communauté et, surtout, de sa capacité à attirer le maximum d'esprits créatifs. Car si personne ne crée de jeux, alors il n'y a pas de contenu. Sans contenu, la spirale infernale amène les joueurs à déserter, donc encore moins de créateurs, signant la mort du titre. Est-ce que la console de Google réussira seule à sustenter les besoins de Crayta ? Comment les créateurs seront-ils rémunérés par rapport au temps investi ?

Je n'ai pas trouvé de réponses à la seconde question. Quand à la première, je reste dubitative, d'autant plus que le système souffre toujours de ses mêmes défauts. Certes, il n'y a pas d'installation, le jeu est disponible sans délai, mais cela consomme une bonne quantité de données en continu. Je n'ai pas encore la fibre et il a suffi que clamoune lance une grosse mise à jour sur son PC (donc sur la même ligne) pour que je me retrouve éjectée. J'ai aussi eu plusieurs fois de gros ralentissements, des baisses de framerate, une perte soudaine de qualité d'images... d'autant plus dans l'outil de création. Je ne sais par contre pas si le souci est dû aux serveurs de Crayta (peut-être pas les définitifs ?), à Stavia ou à ma connexion.

Malgré ces quelques petits aléas, j'ai vraiment été enthousiasmée, étant encore en train de bidouiller un petit jeu que je prépare. En plus, Crayta profite du fait que les jeux Stadia sont jouables directement depuis le navigateur, devenant du coup accessibles avec un clavier et une souris, ce qui aidera beaucoup de créateurs, sans compter que cela peut amener des joueurs occasionnels le temps d'une pause à midi, depuis leur lieu de travail (si la connexion est correcte et que le réseau n'est pas muselé). Mais est-ce que cela suffira à animer les serveurs ? La réponse très bientôt ! Un titre en l'état en tout cas très prometteur qui, je l'espère vraiment, trouvera ses joueurs !

https://crayta.com/


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