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Streets of Rage 4 – Le retour du roi de la castagne

Alors que dans les années 80-90, les jeux de baston avaient une place de choix dans les salles d'arcade, un sous-genre commença à émerger : le beat'em all. On peut citer des noms cultes : Renegade, Double Dragon, Golden Axe ou encore Final Fight.

Mais il y en a un qui, à titre purement personnel, a une vraie résonance nostalgique dans mon petit coeur de joueur, c'est Streets of Rage. Sorti initialement en 1991  sur la meilleure console au monde (oui oui, c'est très objectif), la MegaDrive, c'est au final une trilogie qui sortira sur cette console et proposera une expérience de jeu pour moi jamais égalée dans le petit monde du beat'em all.

On y suit les aventures de trois flics, Blaze, Axel et Adam, dans une ville corrompue jusqu'à l'os, et qui décident de partir en guerre contre le Syndicat, une organisation criminelle qui a la main mise sur la ville et dont le chef est le mystérieux Mr X.

On suit alors les trois justiciers dans huit niveaux tous très différents, allant des abords d'une plage à des ruelles mal famées, en passant par un bateau et un ascenseur. Et le tout sur des musiques tout bonnement hallucinantes pour l'époque, composées par Yūzō Koshiro.

Deux suites verront le jour, respectivement en 1992 et 1994 et chacune ajoutant de nouveaux personnages. Le troisième opus restant quand même le moins apprécié, et à juste titre, à cause d'une qualité un petit peu moins bonne.

C'est en 2020, quasi 30 ans après la sortie du premier opus, que nous avons pu voir arriver le quatrième épisode, et cocorico, ce sont deux studios français qui en sont à l'origine : Dotemu et Lizardcube. Le challenge était relevé, étant donné la base de fans de cette série, d'autant plus que le genre du beat'em all n'est plus très à la mode. Est-ce que le pari a été relevé ?

 

De la baston à l'ancienne...

Ce qui m'a frappé de prime abord, c'est l'aisance avec laquelle j'ai retrouvé mes marques sur ce jeu. Même si aimant les jeux rétro, j'ai rejoué à Streets of Rage régulièrement ces dernières années, j'ai vite retrouvé de vieux réflexes. On parcourt donc les environnements sur un scrolling horizontal et vertical, distribuant des coups de poing et de pied à tout va. On y retrouve même des ennemis des anciens opus, de même que certains boss. Certains gardent leur très mauvais goût, comme BigBen, le chauve avec un problème de surpoids évident qui crache du feu. Ou encore Electra, la dominatrice sado-maso et son fouet. Pas de doutes, on est bien encore dans les années 90 !

Du côté des personnages, en tout cas pour les "anciens", peu d'évolutions. Axel retrouve son enchaînement coups de poing et double coup de pied, Blaze son pseudo Hadoken et son envoi de méchants façon judokate et Adam son coup de pied à angle droit qui ferait pâlir d'envie une équerre !

Comme dans les précédents opus, on retrouve également des personnages avec leurs points forts et leurs points faibles.Et ça a un impact très marquant sur le gameplay. Un gros bourrin comme Floyd ne se jouera clairement pas comme Blaze ou Cherry, qui sont bien plus agiles et techniques.

 

.... avec un soupçon de modernité

Sans vraiment révolutionner le genre, Streets of Rage 4 distille par petites touches des éléments nouveaux, apportant un peu de fraîcheur dans un genre somme toute vieillissant.

Le parti pris graphique, notamment, qui a fait beaucoup couler d'encre dès les premières images que l'on a pu voir, délaisse le pixel art pour un aspect comics assez agréable à l'oeil et qui colle parfaitement au thème du jeu.

Les armes à ramasser font bien évidemment leur retour : couteau, battes, tuyaux et autres sabres sont là. Mais pour ajouter un peu plus de piment, on pourra trouver ici et là d'autres éléments,  certains ajoutant encore un peu de difficulté. Je pense notamment à des barils de poison ou explosifs qui, s'ils peuvent également infliger des dégâts aux ennemis si on les utilise correctement, pourront nous faire très mal si on n'y prend pas garde. Certains ennemis ont aussi des flacons qu'ils peuvent lancer, laissant des zones au sol à éviter absolument.

D'autres types d'ennemis font également leur apparition. Dylan, sorte de petit branleur (avec tout mon respect) avec les mains dans les poches. Un maître karatéka (qui m'aura bien énervé à parer tous les coups !), des flics véreux, des champions de boxe thaï, des bikeuses punk bien en chair, et j'en passe. Chacun ayant sa propre façon d'agir et de donner les coups, le jeu demande alors de s'adapter constamment.

 

Les musiques

Dur de parler d'un Streets of Rage sans parler de musique. Alors que celles du premier opus résonnent dans les oreilles de beaucoup de fans, le challenge était relevé et les studios ont fait confiance à Olivier Derrivière pour s'occuper de tout ça (avec les renforts malgré tout de Yūzō Koshiro et d'autres compositeurs). Il s'agit d'un avis là purement personnel et subjectif mais les musiques de Streets of Rage m'ont tellement fait vibrer pendant mon adolescence que je ne peux garder que celle-là en tête. Les compositions d'Olivier Derrivière sont très sympathiques et s'accordent parfaitement bien avec le jeu. Mais aucune ne m'a laissé un souvenir impérissable comme ce fut le cas avec les autres.

 

Mon avis final

J'imagine que cela se ressent malgré tout dans cet aperçu, je suis très enthousiaste par rapport à ce nouvel opus d'une franchise que j'adore. Je dois dire que je n'aurais jamais cru pouvoir mettre les mains un jour sur une suite, la série ayant été un peu tuée dans l’œuf avec la fin de la Megadrive.

Et 25 ans après, c'est clairement une suite pleine d'amour pour le matériau original que l'on retrouve. Ca se sent tout de suite, les développeurs ont eu à coeur de rendre hommage à la série, en gardant son esprit d'origine, tout en y apportant quelques petites touches de fraîcheur.

A noter également la présence d'un mode deux joueurs et la possibilité de s'affronter dans des duels en ligne. Ajoutons à cela le nombre de personnages déblocables (grâce au score réalisé), qui regroupent des versions "rétro" ainsi que ceux tirés des précédents opus (Skate, Max, Dr Zan, Eddie et Shiva) et on obtient un jeu avec une rejouabilité plutôt sympathique.

Que vous soyez un nostalgique des beat'em all de l'ère 16 bits ou bien un jeune jouvenceau qui les découvre à peine, je ne peux que vous conseiller de jeter un œil à ce jeu, qui devrait vous permettre de passer un excellent moment.


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