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Landlord’s Super – Le début des travaux

Sorti en accès anticipé sur Steam le 30 avril, Landlord's Super nous embarque en Angleterre au milieu des années 80 et, dès le lancement, le titre développé par Minskworks nous met dans l'ambiance de la fin du siècle dernier avec un écran bombé et un effet scintillant, un rendu qui rappellera de bons souvenirs aux joueurs ayant connu cette époque où les téléviseurs étaient d'énormes rectangles super lourds.

Cet aspect très spécifique est gardé une fois en jeu, avec un flou constant et des teintes sépia, sur des textures plutôt ternes. Tout a l'air d'être vieux et triste, les façades de la petite ville de Sheffingham sont démodées et abîmées, et les rues quasiment désertes d'une rectitude désolante. L'ambiance n'est pas améliorée par la météo catastrophique qui règne dans cette région, avec de gros orages, quand ce n'est pas une tempête de neige. Si vous avez joué au premier titre de Minskworks, Jalopy, vous reconnaîtrez sans doute cette tonalité si spéciale.

Mais je m'égare, revenons au début dans une caravane dépassée, à l'hygiène douteuse. C'est là que notre personnage va être contraint de dormir pour une période de temps indéterminée, ayant investi jusqu'à ses derniers sous dans l'acquisition d'un terrain avec une bâtisse à rénover. Pour se payer son rêve, il s'est endetté auprès d'une banque à hauteur de 5 000 livres, une somme importante qu'il doit maintenant rembourser, en plus de devoir trouver l'argent pour financer les rénovations.

À l'intérieur de cette caravane se trouve un lit pour récupérer de l'énergie, une douche pour remonter sa jauge d'hygiène et des toilettes pour avancer le temps. Accessoirement, squatter le trône est également un excellent moyen de mettre le jeu en pause, le temps continue sinon irrémédiablement de s'écouler, même dans les menus.

Un gentil local nous propose toute de suite son aide après avoir tenté de s'introduire dans notre propriété pour voir s'il y a quelque chose à voler. Pilier de bar du pub local, il donne des conseils fort utiles pour la réfection de la maison, conseils qui sont ensuite notés dans le carnet que notre personnage emporte partout.

Pour s'y mettre, il est possible de voler certaines fournitures sur d'autres chantiers du village mais, pour rester dans la légalité (et s'éviter de longs trajets avec les choses volées), il est bien plus simple de chercher de petits boulots à l'agence de travail local... Le seul boulot que j'ai jamais eu, et qui d'ailleurs peut être accompli tous les jours sans repasser par l'agence, consiste à faire la plonge au pub entre 12h00 et 23h00. Chaque heure travaillée est récompensée d'une petite somme, faisant descendre la jauge d'hygiène et d'énergie en proportion.

Une fois suffisamment d'argent gagné, il est possible d'acheter des outils dans une boutique qui, de façon fort pratique, se situe juste en face du pub. Les matériaux eux sont directement à commander par téléphone, puis livrés dans l'heure qui suit par camion directement devant la maison.

J'ai accompli les deux premières étapes de reconstruction de ma maison. Armée d'un marteau et d'une bétonneuse, j'ai réparé la dalle en coulant du béton entre des planches de bois. Puis j'ai tenté la réfection du mur extérieur avec une truelle, du mortier et des briques. Mais, pour une raison que j'ignore, le jeu n'a jamais pris en compte mon travail et cette étape ne se valide pas. Pourtant, j'ai bien posé des briques sur tout le pourtour et, même si le rendu est loin d'être parfait (c'est un peu bancal à certains endroits), je ne vois aucun trou... D'après les forums Steam, il semblerait que cela soit un bug assez fréquent, rencontré par les joueurs qui, comme moi, ont mal placé certaines briques et détruit une partie du mur pour refaire ça bien.

Concrètement, en l'état, Landlord's Super se révèle être un embryon de jeu de construction, sympathique bien que basé sur des systèmes simplistes et un gameplay répétitif. Les journées s’enchaînent, toujours les mêmes : le travail sur le chantier, la plonge au pub du début d'après-midi jusqu'à la fermeture, puis le retour à la caravane pour un gros dodo, le réveil à 08h00 du matin, suivi par une petite douche et le retour au chantier. Il y a clairement beaucoup de choses manquantes pour un jeu qui se targue d'être un monde ouvert : un seul type de travail à l'agence locale, aucune conséquence au fait de voler, une absence totale de piétons dans les rues... Il manque aussi de lisibilité : il m'a fallu bien 3 minutes pour comprendre comment fonctionne l'arrêt de bus (qui oblige d'utiliser le clavier pour sélectionner l'arrêt). De même, je n'aurais rien contre refaire une partie de mon mur s'il n'est pas correctement monté, mais je n'ai aucune idée de l'endroit où se trouve le problème. Les bugs sont nombreux, principalement en raison de la physique capricieuse, amenant le personnage à se coincer sur un caillou ou à refuser de passer une porte sans tressauter... Il semblerait que j'ai été plutôt épargnée malgré tout car le seul que j'ai vraiment rencontré a été la perte d'une quinzaine de minutes de jeu (heureusement je n'avais pas fait grand chose à part acheter de nouveaux outils, mais mon argent était encore là, donc au final tout s'est bien terminé). Et donc mon mur...

Au final, je trouve donc ce jeu un peu surcoté sur Steam (où il jouit d'évaluations "très positives") même si, avec pas mal de travail, l'ajout de nombreuses fonctionnalités et surtout un gros travail de débogage, il pourra d'ici un ou deux deux ans devenir le simulateur de construction qu'il aspire à devenir et alors mériter cette note. En attendant, je ne peux que difficilement vous le conseiller, sauf si vous désirez parier sur le futur ou, ce qui n'est pas non plus à négliger, soutenir le développeur solo (Greg Pryjmachuk) dans ce projet titanesque, un passionné qui se décarcasse pour son jeu sans compter ses heures (il y a eu 6 patchs entre le 30 avril et le 8 mai, date à laquelle j'écris cet article).


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