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SnowRunner – De la boue (et de la neige) plein les roues !

SnowRunner, ou pour les intimes MudRunner 2, est sorti le 28 avril. Développé par Saber Interactive et édité par Focus Home Interactive, il emmène hors des sentiers battus, en Amérique du Nord et en Sibérie, à bord de véhicules tout terrain.

Immédiatement, ce qui m'a frappé, c'est la qualité des graphismes. Il n'y a pas à dire, moi qui n'ai pas vu un bout de forêt depuis 6 semaines (bien que j'habite à la campagne), cela me manque et ça a été un véritable ravissement de voir toute cette végétation fourmillant de détails, avec ses feuilles qui bruissent au vent, cette terre qui se retourne sous les pneus et la brume qui ne tarde pas à monter jusqu'à la frondaison des arbres. Même la nuit, le monde garde son aura, faiblement illuminé à la lumière des phares. Si vous n'aimez pas rouler de nuit, le temps s'accélère sans frais depuis la carte, pour pouvoir faire venir le petit jour plus vite. Bien sûr, il y a des effets de météo, je me suis pris une grosse pluie, sans que je ne sois réellement capable de dire si cela impacte directement la qualité du terrain qui en deviendrait du coup plus boueux ou non, vu que c'était déjà très mauvais avant. L'ambiance sonore est particulièrement réussie, comme un auto-radio qui serait branché sur une fréquence de musique locale, à grand renfort de moteurs grondants et de pneus qui crissent. Il ne manque plus que l'odeur de l'humus de la forêt et de la gomme qui chauffe pour que cela soit parfait, même si j'ai parfois eu presque l'impression de la sentir.

Par contre le monde est vide, il n'y a pas personne, pas de circulation, de piétons ou d'habitants, rien que moi, mes véhicules et la nature. J'avoue que j'hésite à poser ça dans les défauts... C'est étrange, certes, et plutôt rare dans les mondes ouverts qui essaient généralement de faire au maximum comme dans la réalité. En même temps, c'est tellement reposant ! Je présume que cela vient aussi d'une nécessité de faire des économies et je préfère avoir plus de véhicules et une carte plus grande, que des voitures stupides qui me gênent sur la chaussée et des PNJs mal animés.

Les débuts dans SnowRunner ne sont pas glorieux, plaçant à bord d'un vieux pick-up crasseux dans un coin de nature aux chemins défoncés. Le goudron est ici bien rare, seulement posé à proximité des villes les plus importantes, et encore uniquement quand les ponts sont encore en place ou qu'il n'y a pas un effondrement qui oblige à faire un détour à travers bois. Pour s'en sortir dans ces passages délicats, il faut savoir lire le terrain et éviter les plaques de boues et autres zones traîtresses qui empêtreront le véhicule.

Pour s'en sortir, le pick-up est équipé d'une transmission intégrale. La boite de vitesse est réglée par défaut sur automatique (A), mais elle pourra être passée en manuel et bloquée sur la première (L), ce qui offre une meilleure adhérence en sacrifiant la vitesse. De même, la marche arrière s'active automatiquement avec la touche pour reculer au clavier, mais il y a toujours un délai avant que ça ne le prenne. Pour qu'elle soit directement utilisable pour les manœuvres les plus précises, elle pourra être directement enclenchée (R), ce qui fait que la touche pour avancer devient la touche pour reculer... Pas évident au début ! Quand les choses s'annoncent très mal, il reste toujours le treuil, qui s'accroche aux éléments solides à proximité, la plupart du temps un pauvre arbre qui n'avait rien demandé. Encore faut-il que cet arbre soit solide ou sinon il pliera, allant jusqu'à être déraciné en tirant trop fort. Il faut aussi qu'il y ait quelque chose pour s'accrocher, mais c'est une autre histoire. Dans le pire du pire, il reste l'évacuation vers le garage, bien sûr à n'utiliser qu'en derniers recours.

Toute folie est vite pénalisante, car le véhicule subit des dégâts dès qu'il y a un choc. Pour ne pas tomber en panne, il est donc vivement conseillé de ne pas rouler trop vite lorsqu'il y a des cailloux, d'éviter les sorties de route intempestives ou encore de ne pas se frotter aux arbres. Vous me direz, il s'agit de bon sens.. Oui, j'avoue que j'ai aussi tendance à suivre ces conseils quand je suis sur la vraie route avec ma 108. Cela se révèle cependant bien moins simple ici tant les routes sont mauvaises et la conduite hasardeuse. Le véhicule ne va pratiquement jamais droit, obligeant sans cesse à ajuster sa trajectoire. La prise en main n'est pas évidente, bien loin du rendu arcade auquel tant de jeux de courses nous ont habitué. Il y a une certaine inertie dans la conduite, et la réaction des pneus change à tout instant, enchaînant goudron, pierre, boue, terre, herbe, neige, verglas, eau, bois... Un moment d'inattention et c'est la catastrophe. Si le véhicule est abîmé, passage obligatoire par le garage pour le réparer. Oui, encore ce garage. C'est d'ailleurs là-bas aussi que s'ajoutent les améliorations ou que s'achètent les nouveautés.

Afin de trouver des améliorations et de nouveaux véhicules, ou d'amasser suffisamment d'argent pour en acheter, il est nécessaire d'explorer le monde, de supprimer le brouillard de guerre en se rendant aux tours de guet, puis d'accomplir les tâches et les quêtes dispatchées un peu partout. Sur le papier, cela paraît simple, voire même classique, d'autant plus que le jeu donne assez rapidement un camion équipé d'une remorque, de quoi se sentir pousser des ailes et de se croire capable d'effectuer toutes les livraisons une fois l'un des ponts réparés. Détrompez-vous, pauvres conducteurs du dimanche, car ces quêtes se révèlent bien plus difficiles qu'il n'y paraît, demandant de récupérer des éléments qui ne sont en fait disponibles qu'à l'autre bout de la vallée, au-delà d'un chemin impraticable, nécessitant des véhicules mieux adaptés au tout-terrain que ne le sont les deux véhicules pour le moment accessibles. Le camion se révèle d'ailleurs une véritable catastrophe, prompt à s'enliser dès qu'il y a un peu de boue... je ne parle même pas de la manœuvrabilité avec sa remorque... Du coup, seule une minuscule portion de quêtes est faisable, amenant à errer sans vraiment savoir comment progresser. Encore heureux que le système de destination soit si pratique, non pas avec un calcul automatique de trajectoire, mais basé sur des points à positionner soi-même sur la carte (car sinon, comment le système saurait si on veut faire le grand tour par la route sûre ou si on préfère le raccourci à travers bois ?).

Durant la dizaine d'heures que j'ai passée sur le jeu, j'ai principalement joué sur la carte de Black River, dans le Michigan, la zone de départ annoncée comme étant facile... Je n'imagine pas ce que cela va donner quand je vais me frotter à la neige de l'Alaska. Car, après tout, le titre se nomme SnowRunner, non ? Et non plus MudRunner 2. Pour les besoins du test, j'ai abandonné les sapins et les lacs pour me rendre dans le grand nord... J'ai fait un peu de tourisme mais, de là à dire que j'ai été d'une quelconque utilité en accomplissant des quêtes, ce serait trop me vanter. Au moins, j'ai de nouvelles images pour remplir mon album de vacances, venant conforter ma première impression : c'est magnifique !

Si vous n'avez pas peur des difficultés sur la route et que vous retrouver enlisé à 5 mètres de votre objectif sans possibilité de descendre de la voiture pour aller voir le véhicule ou l'amélioration qui vous faisait tant envie ne nous dérange pas, alors SnowRunner est fait pour vous. La conduite hors-piste n'est pas pour les impatients, elle s'adresse aux précautionneux, qui aiment le challenge, y voyant une sorte d'art à maîtriser à force de pratique. Vous allez vous enliser, vous allez tout tenter, vous allez bloquer tous vos véhicules, vous allez devoir rentrer au garage, mais il ne faudra rien lâcher et revenir, encore et encore, pour aller toujours un plus loin, sans répéter les mêmes erreurs. À force de persévérance, alors seulement vous réussirez à atteindre les coins les plus reculés de cet immense terrain de jeu avec toute la jouissance de la réussite à la clé. SnowRunner reprend tout ce qui faisait le succès de MudRunner, en proposant une carte bien plus grande, séparée en trois zones immenses : le Michigan avec 4 régions mises à mal suite à de récentes pluies dévastatrices, l'Alaska avec 4 régions devenu le nouvel eldorado d'un magnat du pétrole et Taïmyr, en Russie, près de la Sibérie, avec ses 3 régions de ruines industrielles. De quoi vous occuper pendant des dizaines d'heure, dans la boue et la neige virtuelle... si tant est, je le répète, que vous avez la patience !

Le jeu est disponible en deux versions (avec ou sans le season pass) sur trois plateformes :


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