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Red Dead Online – Le vrai Far West

Fin octobre, je profitais de la sortie de Red Dead Redemption 2 sur PC pour reprendre mon aventure avec Arthur Morgan, le brigand au grand cœur qui m’avait de nouveau embarquée dans son histoire attachante. Après avoir joué plusieurs semaines, j’avais presque terminé le scénario et j’entamais le second épilogue, triste de bientôt devoir quitter cet univers. Je faisais traîner au maximum cette fin, partant en exploration pour trouver des os de dinosaures ou des attrape-rêves, mais je commençais à tourner en rond. Alors, un soir, j’ai lancé Red Dead Online sans vraiment de conviction. J’avais, je l’avoue, de solides appréhensions, craignant de me retrouver notamment face à des joueurs agressifs qui rendraient l’Ouest un peu trop sauvage pour moi… Mais quelle surprise !

Red Dead Online débute par la création du personnage, à choisir entre un homme et une femme. Le corps en lui-même n’est pas configurable au-delà de la morphologie (maigre, enveloppée, musclée) et de la couleur de la peau. À l’inverse, le visage jouit d’un grand nombre d’options, partant des plus classiques (pilosité faciale, coupe de cheveux, couleur des cheveux, type et couleur des yeux, forme de la bouche et des oreilles, maquillage…) pour aller jusqu’aux plus spécifiques de cette époque (maladies de peau, dents pourries, cicatrices…). La coupe de cheveux, la couleur des cheveux, la dentition et le maquillage se changent chez les barbiers. Il semblerait même qu’il soit possible de changer l’apparence totale du personnage contre des lingots (mais je n’ai pas testé).

 

Une petite histoire débute alors : nous incarnons un prisonnier libéré par une étrange bénéficiaire qui compte utiliser nos « talents » pour régler ses problèmes. Le début sert de tutoriel pour les joueurs qui découvrent le jeu, mais il n’apprend pas grand-chose aux habitués du solo qui retrouveront à 75 % tout ce qu’ils ont déjà pu faire. Ces missions scénarisées s’accomplissent en coopération potentielle avec jusqu’à 4 joueurs, mais le jeu lancera la mission au bout d’un petit délai, quitte à l’accomplir en solo si jamais il n’y a pas assez de joueurs connectés. La suite de quête réutilise le même principe que le solo, enchaînant des phases de jeu avec les cinématiques qui amènent à faire des choix moraux, qui se font ici au vote des participants. Étonnamment, les joueurs avec lesquels j’ai joué ont toujours choisi des issues honorables, il n’y avait jamais plus d’une seule personne optant pour le côté obscur ! Les cinématiques également peuvent se passer sur le même principe de vote à l’unanimité et, une nouvelle fois à mon grand étonnement, cela ne m’est jamais arrivé (et non, je n’étais pas la seule à n’avoir pas demandé le passage de la cinématique) !

 

Bien entendu, ce scénario se révèle bien plus léger que le solo, mais il a l’avantage d’exister et d’immerger son personnage dans l’univers en lui donnant un but général. Ce n’est de toute façon qu’une toute petite part de ce qu’offre le monde de Red Dead Online. Pouvant parcourir toutes les régions du solo, complétées par l’immense région de New Austin (qui provient de Red Dead Redemption, premier du nom), notre personnage est libre d’aller où il le désire.

Quatre professions sont proposées, pouvant être menées de front :

  • Marchand qui demande de partir chasser et d’approvisionner notre partenaire en matières premières pour qu’il puisse créer des marchandises, qu’il faudra ensuite livrer en chariot.
  • Chasseur de primes qui emmène capturer vivant ou mort des cibles désignées par des affichettes à trouver dans toutes les grandes villes. Il existe en complément 10 primes légendaires plus difficiles, mais scénarisées.
  • Collectionneur qui propose de retrouver des objets dans le monde (pointes de flèches, fleurs, œufs, bracelets, colliers, cartes de tarot…), pour les revendre à Madame Nazar, un PNJ qui apparaît chaque jour à un endroit différent du monde. Les séries sont plus rentables, même si la voyante achète également à l’unité. Elle donne chaque semaine une liste spéciale d’objets à retrouver.
  • Distillateur, qui est le dernier métier ajouté et place à la tête d’une distillerie clandestine qu’il faut faire prospérer, en produisant différents alcools, avec des arômes (nécessitant des plantes et des herbes à récolter) qu’il faudra ensuite livrer en chariot à des acheteurs.

Les opportunités offertes par le vaste monde sont nombreuses, avec un véritable univers qui vit et meurt, avec ses villes emplies de PNJs, ses inconnus à aider, et ses missions annexes à remplir. Dans ces dernières, les objectifs sont divers, demander d’accomplir des bonnes ou de mauvaises actions : parfois il faudra voler un chariot, d’autre fois il faudra aider à le rapporter à son propriétaire lésé. Rien qu’hier, j’ai dû distribuer du courrier, abattre une cible devenue gênante, escorter deux chariots à destination, suivre un chien vers un coffret caché, et aider quelqu’un face à un cougar. Entre deux fusillades, des moments plus tranquilles sont possibles en partant chasser, pêcher et ramasser des plantes. En complément de leur utilité dans les professions, ces matières premières se vendent brutes aux vendeurs ou s’utilisent comme matières premières pour cuisiner ou fabriquer des fortifiants, des soins pour chevaux ou encore des appâts de chasse.

Même s’il est possible de se faire attaquer en mode exploration, les joueurs sont plutôt tranquilles, chacun effectuant ses tâches dans son coin sans chercher à embêter les autres. Alors oui, j’ai croisé quelquefois des joueurs énervés, ils m’ont tuée, et je me suis défendue. Mais il n’y a aucun malus, le personnage réapparaît non loin de là, suffisamment loin pour pouvoir remonter à cheval et s’enfuir. Pour s’affronter sans arrière-pensée, il existe les modes compétitifs JcJ avec les prises de pouvoir, les fusillades, les éliminations, les courses… Les règles sont assez classiques, reprenant le concept du Battle Royale, du Team Deathmatch, de la capture de points…

La monnaie en jeu est double, des lingots et des dollars, les deux étant récupérés en accomplissant des activités en jeu même si les lingots peuvent également s’acheter contre de l’argent réel. Les quêtes journalières sont très rentables pour ne pas avoir à sortir la carte bleue, avec un modificateur qui augmente le nombre de lingots gagnés en fonction du nombre de jours consécutifs pendant lesquels on a accompli les quêtes (7 jours multiples par 1,5, 14 jours par 2, 21 jours par 2,5 et 28 jours par 2,5 avec en plus une carte au trésor).

Le personnage progresse à travers des niveaux dont le maximum est de 100, en tout cas en termes de bonus gagnés. Car le gain continue au-delà, même si cela n’apporte plus rien de concret. Comme dans le solo, les attributs du personnage sont définis sous la forme de noyaux, avec la santé, l’énergie et le sang-froid, le noyau interne définissant le taux de rafraîchissement est notamment impacté par la qualité de l’équipement et de la nourriture consommée, tandis que la jauge extérieure correspond à la valeur actuelle, sa valeur maximale augmentant par crans en jouant. Les métiers montent également, à travers 20 niveaux, et il y a une foultitude de récompenses liées à des exploits à réaliser dans différentes catégories (combat, chasse, fin tireur, survie, crimes, voyages, affaires, général, cheval, groupe, mode exploration, modes compétitifs). À la clé, des déblocages d’armes et de tenues (qu’il faudra néanmoins acheter ensuite), ainsi que des objets utiles pour les métiers (comme un chariot de chasse, un chariot de livraison, un chariot de chasseur de primes, des jumelles, une pelle, un détecteur de métaux…).

Enfin, le personnage possède des compétences, présentées sous la forme de cartes, le nombre d’emplacements progressant avec les niveaux (la quatrième se débloque au niveau 42). Chaque carte peut elle-même progresser, et apporte de petits effets supplémentaires comme par exemple Fin Tireur : « Vous infligez légèrement plus de dégâts et vous en subissez légèrement moins en utilisant une lunette », ou encore ce qui ne tue pas : « Après avoir subi des dégâts, votre santé commence à se régénérer plus vite et un peu plus tôt ».

La version online, même s’il est parfaitement possible d’y jouer « seul dans son coin », prend toute sa « force » lorsque l’on joue en groupe. Il est possible de créer une bande (temporaire ou permanente) jusqu’à 4 ou 7 joueurs. Lorsque l’on joue dans ce mode, le campement du chef se transforme en campement de groupe, chaque joueur ayant sa tente et pouvant utiliser tout ce qui s’y trouve (courrier, établi, cuisine, etc.). Lorsque vous jouez avec votre bande, toutes les activités sont disponibles comme si vous étiez « seul » et surtout, personne n’est pénalisé, car les progressions sont toutes partagées.

Ainsi, si le chef de la bande lance une mission de livraison de marchand, une fois cette dernière terminée, tout le monde gagne de l’argent. Le chef de bande gagne la totalité de la livraison, chacun des autres joueurs gagne la moitié de la valeur de la livraison. Par exemple, si la livraison gagne 600 $, chaque membre gagnera 300 $. Par contre, tout le monde gagne la totalité de l’expérience de personnage et de profession (à condition que vous l’ayez débloquée de votre côté aussi). Les trésors pour le métier de collectionneur sont récupérables par tout le monde, les fournitures d’animaux ramenées au camp comptent pour la bande... De plus, il est à noter que toutes les activées/missions/quêtes s’adaptent au nombre de membres du clan : il est clairement beaucoup plus intéressant, mais aussi amusant de parcourir le monde avec une bande d'amis !

Bien sûr, tout n'est pas entièrement rose. Il y a des bugs : le cheval qui ne vient pas, la mission qui ne se lance pas, le chariot qui tombe d'un coup de la route, des déconnexions impestives... Azashar a aussi fait face à quelques tricheurs, j'avoue avoir été sauvegardée de ce côté.

Malgré ces aspects, Red Dead Online est addictif au possible et embarque des heures durant dans son univers sans s’en rendre compte, chaque journée est différente de la précédente, ne rendant tout simplement pas possible de tout faire, même en dix heures de jeu. Les quêtes répétables se suivent sans se ressembler, et les missions vont et viennent sans que l’ennui ne s’installe. Je joue depuis une trentaine de jours maintenant, et c’est avec plaisir que, quotidiennement,  je retourne dans le monde Far West de Red Dead Online. Si vous avez aimé le jeu solo, alors vous allez adorer le jeu en ligne. Mettez de côté vos préjugés, et commencez dès maintenant votre carrière de bandits. Mais n’oubliez pas le message de Red Dead Redemption 2, car je pense que la communauté si respectueuse qui s’est créée sur ce jeu tient beaucoup à la quête de Redemption d’Arthur, les joueurs ne désirant pas bafouer la note d’espoir de notre regretté Arthur Morgan.

En plus, vous pourrez même fêter Noël, profitant de la neige dans des régions normalement chaudes et d'un sapin de Noël dans son camp :


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