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Death Stranding – Livraison de bébé, veuillez signer ici

Après les déboires avec KONAMI, Hideo Kojima revient sur le devant de la scène pour son tout premier titre sous le label Kojima Production. Le moins que l'on puisse dire est que le mystérieux Death Stranding est longtemps resté énigmatique quant à son concept, Kojima allant même jusqu'à dire qu'il n'existe pas de terme pour ce nouveau genre de jeu.
Qu'il ne cherche plus, après y avoir joué quelques dizaines d'heures, j'ai bien des appellations à suggérer.
Suivez le guide.... sans spoils.

Dans Death Stranding, le joueur incarne Sam "Porter" Bridges (incarné par Norman Reedus), un livreur qui tente de faire son travail dans une Amérique détruite après que se soit déroulée une catastrophe à l'échelle planétaire. Ce monde désormais désolé tente de se reconstruire malgré des séquelles plus que lourdes. En effet, les Echoués, créatures que l'on dit être les morts qui restent sur terre, sèment la terreur sans compter la pluie devenue toxique, puisqu'elle "vieillit" presque tout ce qu'elle touche jusqu'à destruction.
Ce ne sont que les dangers les plus évidents et médiatisés par les campagnes promotionnelles et les annonces, mais le jeu en dénombre bien d'autres comme les MULEs, des terroristes qui volent vos paquets, ou le terrain et qui viendront vous mettre de sérieux bâtons dans les roues.
Surtout le terrain, très montagneux et désertique, qui vous en fera voir des vertes et des pas mûres pour livrer vos colis.
Vous avez bien lu : le jeu vous demandera d'effectuer les tâches de coursier, celles où le joueur doit aller d'un point A à un point B pour livrer un objet et que tout le monde déteste dans les RPGs En gros, Death Stranding est un gigantesque simulateur de livreur de colis.
Mais pour les 99,9% des gens dont le rêve n'est pas de se balader à longueur de journée dans des shorts trop courts à délivrer des sextoys à des inconnus, ne partez pas tout de suite : Death Stranding a pensé au gameplay diaboliquement ingénieux. Heureusement !

Ainsi, contrôler Sam n'a pas grand chose à voir avec n'importe quel autre jeu à la troisième personne, car de nombreux paramètres sont à prendre en compte comme le poids de la marchandise, sa répartition, prendre un appui plus fort d'un côté pour conserver son équilibre, la fatigue et l'effort, etc. C'est très complet et cela se ressent sur la prise en main un peu chargée pour une simple manette. C'est bien simple, les boutons ont deux fonctionnalités : une pour une pression simple et une pour une pression longue.
Si cela peut rebuter durant les premières heures qui seront probablement un calvaire incommensurable, notamment lors des traversées des zones d'Echoués, ces créatures sensibles au bruit et aux mouvements  qui ne manqueront pas de vous renvoyer à la Grève si vous faites le moindre faux pas. Puis on se remémore que c'est Kojima derrière le jeu et qu'il est donc préférable de privilégier la discrétion et la subtilité pour faciliter un peu les choses. Mais même une fois l'armement anti-Echoués plutôt efficace développé, la prudence reste de mise, en dépit que vous pourrez vous débarrasser de ces empêcheurs de tourner en rond.
On sent bien la patte du créateur de Metal Gear Solid entre le design reconnaissable, les mecs tout nus, l'excellence et l'exigence technique, Norman Reedus tout nu, la progression qui vous offre tout le long de nouveaux gadgets et de nouveaux équipements pour aider à assumer vos livraisons de plus en plus complexes, des hommes tout nus. J'ai dit qu'il y a des types tout nus ?

On reconnaît encore cette "signature" avec le scénario qui peut se résumer par : "Sam doit livrer des trucs à des gens et reconnecter tout le pays pour le remettre sur pied  après le cataclysme planétaire."
Même si, Kojima oblige, il faudrait plus le résumer de cette manière : "Sam doit livrer des trucs à des gens et reconnecter tout le pays pour le remettre sur pied après le cataclysme planétaire et puis y'a aussi un bébé bizarre et pleins de types chelous avec des super-pouvoirs et tout va forcément partir en vrille parce que... Kojima."

Le jeu est vraiment une expérience à part entière, notamment dans la prise en main car chaque mouvement peut s'imposer comme étant une lutte de chaque instant. Chaque livraison peut devenir insurmontable si on ne se prépare pas convenablement ni ne gère correctement ses efforts, transformant un simple Paperboy-like en jeu ultra complexe et passionnant de par son challenge.
Malheureusement pour toi, cher lecteur, je ne rentrerai pas dans les détails ni dans le scénario, ni dans les détails de chaque fonctionnalité d'une part parce que l'histoire d'un jeu Kojima se vit plus qu'il ne se ressent par procuration mais aussi parce que malgré la trentaine d'heures de jeu effectuée pour réaliser ce test, malgré les nombreuses choses débloquées et accessibles à ma quête, j'ai l'impression de n'avoir encore rien découvert du jeu tellement il y a de missions à effectuer, tellement les environnements à explorer sont gigantesques, tellement la durée de vie est gigantesque avec plusieurs centaines de missions qui contre toute attente arrivent à se renouveler d'une manière ou d'une autre que ce soit dans la nature de la marchandise - et donc dans la manière la plus efficace de l'acheminer- ou les conditions de livraison (fragilité, délais de livraison, contraintes, etc). Ainsi, on ne livrera pas des matériaux de base comme on acheminera une pizza ou un cadavre. Oui, vous allez livrer absolument de tout !

Par contre, je vais me permettre de prendre un peu de temps pour vous dévoiler sur ce qui se cache derrière le fameux "reconnecter le pays".
Death Stranding est un jeu solo. Cependant, le titre possède un système de online passif durant lequel le joueur sera épaulé indirectement de bien des manières par d'autres joueurs. Vous pourrez ainsi partager ressources et équipements avec d'autres joueurs, participer collégialement à la fabrication d'infrastructures communes qui faciliteront vos livraisons, terminer les livraisons abandonnées volontairement ou non, sous-traiter les vôtres et bien d'autres éléments pour cultiver le Like, équivalent des points d'expérience du jeu et qui, selon la manière dont vous les remportez, affecteront en conséquence vos statistiques.
Ainsi, en plus des Likes attribués par les PNJs en achevant des missions, vous pouvez en gagner sur des panneaux d'avertissement appréciés, en initiant la construction de routes pour faciliter l'acheminement des marchandises et  en installant des équipements utiles pour surmonter la topographie ou vous mettre à l'abri des intempéries.
Le système est très complet et est pensé intelligemment de manière à connecter les joueurs ensemble dans une expérience solitaire sans pour autant la gâcher.

Death Stranding se révèle être une formidable expérience Kojima pleine de surprise avec ses longueurs de cinématiques habituelles, ses WTF sortis tout droit du cerveau d'un habitué de substances hallucinogènes, son concept à des années-lumière de ce qui existe jusqu'à présent, son gameplay profond et exigeant et pourtant jouissif une fois maîtrisé.
Ce serait franchement bête, si vous possédez une Playstation 4, de passer à côté.


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