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Vampyr – Un portage anémique

Disponible depuis plus d'un an sur PS4, Xbox One et PC, le vampire de Dontnod s'est invité sur Nintendo Switch il y a peu et espère planter ses crocs sur un nouveau pan de joueurs. Le portage vaut-il le détour ? Qu'en est-il des concessions techniques effectuées ? C'est ce que nous verrons dans les lignes qui suivent.

C'est ici que tout commence... Dans une fosse commune

Pour ceux n'ayant jamais entendu parler de Vampyr avant aujourd'hui, il s'agit d'un A-RPG narratif crée par le studio DONTNOD (à l'origine de l'excellent - bien qu'imparfait - Remember Me, et, plus récemment des saisons 1 et 2 de Life is Strange) et édité par Focus Home Interactive. On y incarne Jonathan Reid, un médecin ayant officié durant la 1ère guerre mondiale et fraîchement retourné à Londres. Assez poisseux, notre personnage se réveille sur un tas de cadavres tout juste balancé par une patrouille. Tentant tant bien que mal de s'extirper de la fosse commune dans laquelle il baigne, ce dernier va rapidement se retrouver nez à nez avec une femme qu'il ne peut voir correctement, sa vue étant entravée par sa soif de sang. C'est après s'être abreuvé goulûment que notre protagoniste reconnaîtra sa sœur gisante au sol. Point le temps de s'émouvoir cependant, puisque Jonathan devra fuir plusieurs ennemis attentant à sa vie.

Vous devrez vous abreuver régulièrement pour utiliser vos compétences

Voilà en gros pour le postulat de départ. Comme bon nombre de vampires, notre médecin soldat va se fixer pour but de retrouver son géniteur au travers des différents quartiers de Londres. Dontnod, fidèle à ses habitudes, propose un titre plutôt verbeux, avec des personnages travaillés et des dilemmes moraux importants. Le scénario s'imbrique en effet avec une brique de gameplay crucial : de par notre nature, nous aurons la possibilité d'étreindre (une bien charmante manière de dire "tuer" dans le jeu) les personnages servant la narration.

Tuer un PNJ n'est pas sans conséquence, puisque cela éveillera les soupçons de votre entourage, et influera sur la "santé" du quartier dans lequel vous vous trouvez. Toutefois, agir tel un vampire en vous abreuvant souvent vous octroiera beaucoup d'expérience, à défaut de vous attirer la sympathie des personnes que vous côtoierez. Cette expérience pourra être consommée après chaque nuit afin de débloquer et améliorer vos compétences, qu'elles soient offensives ou défensives. A noter que si vous faites le choix de ne tuer personne, l'expérience se corsera assez fortement, votre personnage n'engrangeant que peu d'XP par défaut.

Terne, peu détaillé et brumeux, la version Switch ne fait pas vraiment honneur à Londres

Ce système est bien fichu sur le papier, vu qu'il tente de contraindre le joueur à faire quelques sacrifices durant l'aventure, toutefois, si vous choisissez la "voie du mal", le jeu deviendra rapidement très simple, en plus de couper totalement quelques pans de jeu (quêtes qui ne sont plus accessibles, par exemple). Dommage, mais pas inenvisageable pour autant, tant le jeu pourra s'avérer redondant en matière de combats. Nous ferons assez vite le tour des compétences de notre personnage, et une frustration s'instaure quant aux possibilités que le jeu aurait pu offrir s'il était allé plus loin dans ses affrontements.

Les combats de boss ne sont pas tous réussis.

En ce qui concerne la ville de Londres, cette dernière s'avère intrigante à visiter. Sinueuse et dense, à défaut d'être particulièrement vaste, on prendra pas mal de plaisir à parcourir la Capitale britannique, qui se pare d'une ambiance noire du plus bel effet. Dommage toutefois que la technique n’entache tout cela. Comme souvent sur la console de Nintendo, des concessions doivent être faites, et ici, elles ne sont pas des moindres. Distance d'affichage réduite, apparition très tardive de textures et baisse de framerate lors des affrontements sont à prévoir en mode TV. En portable, le jeu apparaît un poil plus fluide, mais ne rendra pas l'expérience inoubliable. Il semble également important de mentionner des temps de chargements assez longs (défaut déjà présent sur les moutures PS4 et One). A défaut de la technique au rabais, on pourra se raccrocher aux compositions d'Olivier Derivière qui fait, une fois de plus, un travail remarquable, et renforce l'ambiance victorienne de l’œuvre de Dontnod.

Néanmoins, Vampyr est un jeu intéressant à bien des égards, en dépit de ses affrontements rébarbatifs. Découvrir ce Londres sinueux, avec ses malades et ses pauvres d'après-guerre est intrigant. On vous recommandera toutefois de vous diriger vers les versions PC (Steam), Xbox One ou PlayStation 4 si vous possédez l'une de ces machines, pour apprécier pleinement le voyage, plutôt que la version Nintendo Swich ici testée.


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