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Torchlight II – Une adaptation au poil

Il y a encore quelques années, l'idée même de porter un hack'n'slash sur consoles me paraissait bancale, mais ça, c'était avant que Blizzard ne revienne sur le marché des consoles. En est sorti un Diablo 3 que j'ai défouraillé sur PS4, et qui occupe encore pas mal de mes heures sur Nintendo Switch. L'éditeur au logo bleu a répondu à une attente que je n'avais jamais eue, pour mon plus grand bonheur. Et c'est maintenant au tour de Perfect World de rééditer un jeu qui a occupé une bonne partie de mon année 2012 sur PC : Torchlight II. Le jeu a-t-il bien vieilli ? Le portage est-il de bonne qualité ? C'est ce que nous allons voir dans les lignes qui suivent.

 

Des classes différentes du premier opus

Avant de taper sur des ennemis, il est convenu de créer son personnage. On sélectionnera la classe de son choix, parmi les 4 disponibles : soit corps à corps, avec le berserker et l'ingénieur, soit distance, avec l'embremage et l'outlander. Cette fois, mon choix s'est porté sur l'embremage, un lanceur de sorts qui utilise les éléments pour se défendre et attaquer. Après avoir sélectionné le sexe de mon personnage, son visage, sa coiffure et le familier qui l'accompagnera (qui fait office de coursier pour vendre en ville, et qui vous aide au combat), je dois sélectionner l'un des 4 modes de difficulté. J'opte pour le 3ème : vétéran. Vous pourrez choisir d'opter, ou pas, pour le mode Hardcore (histoire de rendre chaque combat plus intense... puisque la mort provoquera la suppression de votre personnage !).

Pas de doute, on est bien dans un hack'n'slash !

Pour ceux n'ayant pas fait le premier opus, Torchlight 2 reprend une bonne partie des éléments narratifs du premier opus. Sept années ont passé depuis la mort d'Ordrak par les 3 héros du Torchlight. L'Alchimiste, l'un des héros du titre original, a été corrompu par le cœur du dragon qu'il a anéanti, et il incarnera le "grand méchant" de ce volet. Par chance, un nouveau héros apparaît et va braver vents et marées pour ramener la paix dans le monde.

 

Voyage voyage, plus loin que la nuit et le jour...

Au travers des 4 actes du jeu, notre héros gagnera en expérience et affrontera des ennemis de plus en plus féroce et nombreux. Chaque acte, comme dans la plupart des hack'n'slash, nous fait visiter des contrées aux ambiances bien distinctes. Zones montagneuses enneigées, désert de sable, forêt hantée... on voit du pays dans Torchlight, pour son plus grand plaisir. Les zones sont relativement étendues, et le jeu récompense notre curiosité, en proposant ça et là des quêtes annexes qui fournissent objets puissants et expériences à foison. Pour ce qui est des quêtes principales, elles seront en général fournies dans les villages respectifs de chaque zone. Ne vous attendez pas à une histoire riche en rebondissements qui vous tiendra en haleine. L'histoire sert avant tout de prétexte. Cela ne dérangera pas tout le monde, mais c'est dommage que le titre n'exploite pas davantage son univers, qui mêle magie et technologie assez habilement, aidé par un rendu qui n'a pas pris une ride en 7 ans.

Vous aurez le droit à des petites cinématiques entre chaque acte. Petit point noir : pas de sous-titres durant ces dernières, et doublage anglais uniquement

 

T'as de beaux yeux, tu sais

Cela m'a surpris en lançant le jeu, mais le jeu n'a pas vieilli d'un iota depuis sa sortie initiale en 2012. Clairement aidé par un rendu en cell-shading du plus bel effet, Torchlight 2 m'a rappelé à quel point j'aimais me balader dans ses forêts hantés et ses donjons qui fourmillent de petits détails. Des esprits qui flânent ça et là, des objets dispatchés avec une minutie palpable, l'exploration ne laisse pas de marbre, et révèle même de petites énigmes si on actionne quelques mécanismes cachés (assez grossièrement pour le coup). En ce qui concerne la technique au sens strict, j'ai effectué le test du portage sur une PS4 Pro, qui n'a que très rarement toussoté. J'ai noté quelques décrochages d'images ça et là quand je balance tout mes sorts face à une horde de 20/30 créatures, mais rien qui ne gêne l'expérience de jeu. En ce qui concerne la lisibilité, qui peut être un souci dans ce type de jeu, pas grand-chose à signaler, notre personnage prend un effet transparent quand il est entouré d'obstacle, ce qui permet de garder un œil sur lui en toutes circonstances. Le studio à l’œuvre du portage, Panic Button, a réalisé un sans faute à ce niveau.

Imaginez à quoi ça ressemble avec encore plus d'ennemis... J'aurais aimé vous le montrer, mais entre combattre et prendre des photos, il faut choisir !

 

Et tu tapes, tapes, tapes, c'est ta façon d'aimer !

Afin de coller à la configuration spécifique des consoles, où tout se joue à la manette, l'équipe en charge du portage n'a pas été chercher bien loin, et a repris peu ou prou tout ce qu'on trouvait sur Diablo 3, de l'inventaire aux paramétrages des touches entièrement personnalisables. Le seul élément manquant étant la roulade, inexistante dans Torchlight 2. Là où le titre de Blizzard offrait un confort quasi immédiat manette en main, le jeu de Runic Games demande un petit temps d'adaptation. J'ai en effet eu quelques petits soucis pour diriger les coups de mon personnage au corps-à-corps, ce qui m'a valu pas mal de coups de bâton dans le vide. Souci que je n'ai pas ressenti en lançant mes sorts à distance. Notre personnage gagne assez vite en puissance, et on prend un malin plaisir à balancer tous ses sorts, dans une débauche d'effets visuels du plus bel effet. Générer des tempêtes d'éclairs tout en balançant des boules de feu et dégager des gerbes d'énergie tel Palpatine fait son petit quelque chose, pour peu que l'on sache générer correctement son énergie et son positionnement afin de ne pas finir encerclé. Les combats de boss sont également plutôt bien fichus, et assez nombreux. Comptez près d'une trentaine de boss, qui déverrouilleront à chaque fois un petit trophée PS4.

Le menu radial rend la navigation intuitive sur consoles

En terme de durée de vie, tout va dépendre de votre rapport avec le genre hack'n'slash. L'histoire en elle-même se termine en une vingtaine d'heures. Ajoutez une petite dizaine d'heures pour réaliser les quelques quêtes annexes disséminées ça et là. Durée de vie qui peut être facilement doublée pour ceux souhaitant débloquer un ensemble d'équipement complet. Oui, il faudra passer des heures à tuer du monstre et du boss, oui, c'est répétitif, difficile toutefois d'attendre autre chose d'un jeu qui embrasse son genre avec tant d'amour.

Torchlight 2 est sans conteste la meilleure alternative à Diablo 3 à l'heure actuelle. C'était déjà le cas en 2012, avant que d'autres prétendants ne débarquent sur PC, et c'est toujours le cas en 2019 sur consoles. Pour une vingtaine d'euros, on profite d'un titre extrêmement complet, coloré, bourrin, qui peut être joué seul ou à quatre. La seule chose qu'on peut éventuellement lui reprocher, c'est l'absence de support des mods. Ce n'est pas rien, c'est vrai, mais peut-on vraiment s'en plaindre au vu du prix ?


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