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A Place for the Unwilling – En mémoire d’Henry

Le jeu vidéo n'est pas qu'une question d'action, de violence, de combats ou d'exploration. Parfois c'est une succession d'émotions, des personnages ou encore une histoire. Aujourd'hui, je vais brièvement vous parler d'un de ces jeux pour lequel l'histoire est tout sans une once de combat et dont le doux sobriquet de "A Place for the Unwilling" est finalement plutôt bien trouvé. En effet, intrigué au départ par cet aspect uniquement narratif via les dialogues et les choix à conséquences, je me suis aussi retrouvé réticent à avancer et je vais vous expliquer pourquoi.

En un mot : ennui.

En plus de mots, il faut que je vous raconte tout depuis le début : après avoir reçu une lettre d'Henry, votre meilleur ami que vous n'avez jamais revu depuis votre départ de l'orphelinat il y a une vingtaine d'années et dans laquelle il vous désigne comme exécuteur testamentaire tout en vous demandant de prendre soin de sa mère adoptive et de sa femme, vous décidez d'honorer sa dernière volonté, non sans avoir expérimenté un rêve étrange dans lequel vous entretenez une curieuse discussion avec le défunt qui dévoile s'être suicidé, non sans préalablement baragouiné des choses incompréhensibles et énigmatiques.

Le jeu donne rapidement le ton : malgré son style visuel enfantin, l'histoire n'est clairement pas pour les enfants surtout par ses thèmes un peu complexes et durs, comme la lutte des classes dans une ville anglaise pendant la révolution industrielle, des meurtres, la misère, etc. Et c'est sans compter avec un langage vulgaire qui fait un peu anachronique.

Le jeu vous met dans la peau du (de la) meilleur(e) ami(e), puisque premier choix : choisir votre sexe ! Malheureusement ce choix n'est pas important puisque les interlocuteurs vous parleront comme si vous étiez un homme et non une femme. Ayant choisi un avatar féminin, ça fait bizarre que le jeu ne s'adapte pas. Surtout dans une langue aussi tatillonne sur la chose que l'anglais. Car oui, le jeu est intégralement en anglais et nécessite de bien connaître la langue pour pouvoir arriver à suivre certaines subtilités linguistiques.

Mais, comme chaque choix du jeu, il est irréversible. Vous ne pourrez pas plaire à tout le monde ni tout expérimenter en une partie, donc il faut bien avoir conscience de ce que vous choisissez au détour de chaque journée car vous pourriez passer à côté de quelque chose.

Ce n'est pas pour cela que le jeu est ennuyeux, car il possède un certain charme. C'est plus à cause de son rythme. Son rythme de narration avec lequel la plupart des journées se traîne comme un boulet attaché au pied du joueur, tant ce qui se passe n'est pas exaltant. On a certes parfois des rêves intrigants ou des événements qui réveillent le joueur, mais pas suffisamment au cours des 21 jours d'une partie pour rompre la monotonie. Sa jouabilité lente et uniquement au clavier ou à la manette qui laisse à désirer, notamment dans les déplacements en diagonale qui ne répondent pas toujours, un manque de variétés d'animations, puisque seuls les déplacements en proposeront vraiment, tout cela malheureusement engendre un ennui certain.

Un contrôle à la souris aurait vraiment été bienvenu étant donné ce genre de gameplay à base de dialogues et de déplacements en vue 3/4 du dessus qui se prête parfaitement à ce type de jouabilité.

On peut en plus de cela commercer pour se faire de l'argent ou se balader librement sans se soucier des tâches que l'on découvre chaque jour. Le joueur est entièrement libre de comment il va vivre l'histoire, mais l'absence d'occupations pour ceux qui veulent l'espace d'un jour ou deux glandouiller est un frein à ce choix. Du coup libre, libre... pas tant que ça si on ne veut pas s'endormir devant le jeu et c'est bien dommage. Avec une narration plus dynamique et animée, le jeu aurait réussi à capter toute mon attention.


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