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Etherborn – Un jeu de réflexion convaincant

Il est toujours bon de découvrir des titres dont on n'a jamais entendu parler, et c'est le cas d'Etherborn. Il faut dire que pour son premier projet, le studio espagnol Altered Matter est resté assez discret. C'est dommage, car Etherborn est un titre qui vaut le détour et qui ne demande qu'à être visité sous tous les angles. Petit tour d'horizon.

C'est ainsi que débute la courte aventure d'Etherborn

Le jeu débute par un tutoriel qui explique les bases du gameplay. Nous incarnons un avatar translucide guidé par une voix, qui nous demande de récupérer des orbes que nous allons déposer sur une plate-forme pour activer un mécanisme ou faire apparaître un pan de niveau supplémentaire. La particularité d'Etherborn vient du fait que la gravité fonctionne d'une manière un peu particulière. Il suffit en effet que notre personnage marche sur un angle arrondi pour s'affranchir de la pesanteur et changer d'orientation. Nous nous  retrouverons donc souvent la tête à l'envers pour progresser dans les 5 stages du jeu, qui vont, bien entendu, gagner en complexité au fur et à mesure de notre progression.

A chaque fois que nous terminerons un niveau, le jeu nous renverra dans un hub en forme d'arbre qui s'étend progressivement. L'arbre grandira et de nouvelles branches naîtront, avec, à chaque extrémité, un nouveau niveau à la clef. Le souci étant qu'on fait rapidement le tour de ces derniers : 5 stages, c'est bien trop peu, et il ne vous faudra pas plus de 4 heures pour en faire le tour. Altered Matter a intégré un New Game + pour palier cette courte durée de vie, mais le seul changement est lié aux orbes à récupérer pour progresser, qui sont positionnées à d'autres endroits dans le niveau. Assez léger donc, et à 16,99€, ça peut vite laisser un sentiment d'amertume à quelques joueurs.

Après chaque niveau, on devra progresser sur "l'arbre de la vie" pour atteindre le stage suivant

Le studio espagnol a eu la bonne idée d'utiliser un style minimaliste pour ses décors  et parvient à mettre en avant les éléments intéressants. Les espaces non praticables seront souvent bruts et sans décor environnant, tandis que les plateformes utiles pour le joueur seront dotées de couleurs plus chaudes, sur lesquelles seront disposés quelques plantes ou brins d'herbes. A noter également que chaque stage dispose d'un style visuel distinct. Le premier stage sera donc tout en pastel, tandis que le suivant utilisera des couleurs plus sombres. Ces variations parviennent à renouveler l'intérêt porté à  chaque niveau et parviennent toujours à émerveiller, pour peu que l'on soit sensible à l'univers dépeint ici.

Revenons-en aux niveaux en eux-mêmes, qui sont de véritables puzzles en trois dimensions. Impossible de se limiter à une unique perspective ici, puisque le jeu demande à ce qu'on explore chaque recoin des niveaux, que ce soit l'endroit ou l'envers, voire mêmes les côtés. Car on ne peut faire ici l'impasse sur un pan de niveau, sous peine de ne pas trouver toutes les orbes nécessaires pour compléter le niveau. Il faut un petit temps d'adaptation, j'avoue avoir été un peu déboussolé au milieu d'un stage, quand j'ai dû "volontairement" tomber pour atterrir plus bas sur une colonne. Il est nécessaire parfois d'expérimenter. Le jeu n'est de toute manière pas très punitif  et vous remettra quelques pas avant votre chute, qu'elle soit volontaire ou accidentelle. Si bien que quand on parvient à passer un obstacle ardu après plusieurs tentatives différentes, on a un sentiment d'accomplissement, l'illusion d'avoir été plus fort que le jeu, alors que les développeurs ont tout prévu.

Les niveaux sont toujours construite sur une dualité de couleurs / texture : ici, le gris représente la surface praticable, le vert "la mort"

En parlant d'illusion, quelques mots sur l'histoire narrée par Etherborn. De par sa patte graphique et ses allusions pas très fines, on comprend assez rapidement que le jeu parle des différentes étapes de la vie et de la mort  et aborde celui de la renaissance. On a toutefois le sentiment de voir un monologue philosophique et prétentieux qui ne parvient malheureusement pas à servir ses propos.

Néanmoins, selon moi,  Etherborn vaut le détour. Par sa construction et son style artistique, il me semble bienvenu de lui laisser sa chance. Alors certes, le studio espagnol n'a pas excellé partout. Ne comptez en effet pas sur son propos nébuleux et lourdingue, sous peine de rapidement déchanter, mais concentrez-vous davantage sur le sentiment de satisfaction que procure la résolution des quelques stages du jeu, après de longues minutes de vadrouille, à examiner tout les angles d'un niveau. Je ne bouderai pas mon plaisir devant quelques stages de plus, en espérant que les développeurs d'Altered Matter puissent m'entendre !


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