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Taste of Power – Un RTS indie

Actuellement en accès anticipé sur Steam, Taste of Power du studio OneOcean LLC est un jeu de stratégie en temps réel tirant son inspiration de ténors du genre tels que StarCraft et Total War. Le RTS nous embarque découvrir un Moyen-Âge alternatif dans lequel trois grandes civilisations s'affrontent.

Depuis une interface vieillotte donnant l'impression de repartir vingt années en arrière, je n'ai pour le moment pas d'autres choix que de lancer le mode solo. Je présume que l'intitulé "Singleplayer" laisse présager que du multijoueur sera par la suite ajouté. Quoi qu'il en soit, ce n'est pour le moment pas le cas. Trois possibilités viennent ensuite : art de la guerre, escarmouche et survie.

 

Gameplay

Reprenant les éternels codes des jeux de stratégie, les commandes restent fidèles aux habitudes, avec la manipulation de la caméra grâce à la souris (zoom, droite/gauche) et de nombreux raccourcis claviers pour les actions, pouvant également être lancées au clic par le biais de l'interface. La sélection fonctionne avec le clic gauche et le lasso pour de plus larges zones (à combiner avec Ctrl pour sélectionner uniquement les unités du même type à proximité immédiate). Le clic droit entraîne une action sur la cible (déplacement, attaque...).

La barre inférieure résume l'intégralité des informations à suivre avec, de gauche à droite, la mini-carte, les ressources, les unités sélectionnées et les actions réalisables suivant la situation.

Chaque unité est représentée sous la forme de plusieurs bonshommes, au minimum 4 d'après ce que j'ai pu constater. Cela donne immédiatement une impression de nombre, rendant les batailles bien plus épiques, mais ce qui ne simplifie pas la lecture. Très vite, il y a des morts, chaque camp se retrouve couvert du sang ennemi, et il devient difficile de discerner les couleurs. Les graphismes n'aident pas non plus, avec un grain assez grossier et un manque de précision dans les modèles aux textures datées. Du coup, c'est assez vite très (trop ?) confus.

La micro-gestion demande une attention de tout instant. Chaque unité possède des capacités spéciales qui s'activent manuellement en fonction de la situation. Sauf énorme avantage numérique, l'envoyer au combat sans la surveiller équivaut à un suicide programmé. Ainsi, les piquiers ne seront efficaces face aux chevaux que s'ils lèvent un mur de piques, ou encore les prêtres ne pourront jouer leur rôle de protecteur qu'en utilisant leur bouclier et en s'assurant que les alliés restent dans la zone d'effet... tout en évitant les coups, bien entendu. Il ne faut pas non plus oublier de changer les armes, passant ainsi d'armes à distance à armes de mêlée tout en avançant vers l'ennemi. L'usage abusif de la pause tactique déclenchable à tout moment avec la touche "P" se révèle plus qu'obligatoire pour bien faire.

De l'artillerie peut être déployée pour soutenir les attaques spécifiques à chaque civilisation, avec ses forces et ses faiblesses. Les fatalistes sont intéressants à ce sujet car ils ne sont puissants qu'en restant à proximité de leur tente, rendant leur utilisation assez stratégique durant les batailles qui peuvent vite s'étendre bien au-delà de leur champ d'action. Le même principe est appliqué avec la tente de soin qui, forcément, demandera d'être placée aux bons endroits.

Quelques innovations sont les bienvenues, même si elles sont trop rares, avec en tête de liste les pièges et les tunnels. Enfin, des unités très spéciales, les espions, s'introduisent dans les villes ennemies pour semer la confusion et pousser ainsi les convertis à se rebeller contre leur camp. Cela est fort amusant contre l'IA, je me pose la question par contre de sa mise en application en JcJ, si JcJ il y a, et des possibilités qui existent pour contrer ces mesures fort peu glorieuses. La même question se pose d'ailleurs avec la pause tactique évoquée plus haut qui ne pourra être utilisée dans ce cadre, ce qui risque de rendre les combats difficilement gérables...

 

Modes de jeu

Art de la guerre

Non jouables pour la grande majorité, ces mini-scénarios présentent les unités de chacune des trois civilisations, la Confédération européenne, l'Empire chinois et le Califat timuride, ainsi que quelques éléments clés du gameplay (technologie, tactique et économie). Très souvent, cela s'opère par une démonstration sur un écran partagé, avec d'un côté les unités correctement utilisées ou améliorées qui par conséquent survivent, et de l'autre l'exemple à ne pas suivre qui se termine dans une débâcle sanglante.

Plus rarement, le scénario est jouable, mais sur un principe très restrictif de "cliquer ici" pour expliquer un élément en particulier à appréhender.

Suivre ces tutoriaux d'une traite se révèle être une mauvaise idée, car c'est plutôt indigeste, avec énormément d'informations qui s'enchaînent sans pratiquement de pauses ou de mises en situation pour bien appréhender les choses. Heureusement, un tutoriel est proposé lors d'une première partie, que ce soit en escarmouche ou en survie.

 

Escarmouche et Survie

L’escarmouche demande d'étendre rapidement son royaume en construisant de nouvelles cités, tandis que la survie est basée sur la capacité à repousser, pendant une période de temps donnée, toutes les menaces sur sa cité, avant de passer à l'offensive grâce à des renforts offerts. Même si ce sont deux modes différents, dans les deux cas, l'objectif reste de toute façon d'abattre l'ennemi le plus rapidement possible tout en développant sa civilisation.

Il y a également ces mêmes options qui changent drastiquement la façon d'appréhender la partie, en activant/désactivant la corruption ou en choisissant de passer en wargame, ce qui automatise la gestion économique, la construction et le recrutement des troupes pour permettre de se concentrer sur l'aspect stratégique des combats. Cela est particulièrement intéressant en survie, car cela peut devenir très vite complexe de gérer les deux en parallèle. Dans une partie en Wargame, l'orientation du développement est à choisir au démarrage de la partie entre extensif (construction rapide de cités, assurant une économie forte dès le départ, et à terme plus de troupes), agressif (toutes les ressources sont investies dans la construction d'infrastructures militaires et dans l'armée) et technologique (le développement technologique permettra d'avoir de meilleures troupes mieux équipées, mais cela rend vulnérable au départ) ou standard (un bon équilibre des trois).

 

Conclusion

Cherchant son inspiration auprès d'anciens jeux de stratégie en temps réel, Taste of Power donne vraiment trop l'impression de se retrouver dans l'un de ces dinosaures datant d'il y a dix ou quinze ans. L'interface est datée, trop rectangulaire, grise avec des liserés pas bien jolis. En zoomant au maximal (à gauche), cela devient plus joli, mais on ne peut bien sûr rien faire. Et en dézoomant, cela est tellement petit que ce n'est pas beaucoup mieux. L'intermédiaire est correct, sans plus.

Encore, cela serait fluide... Mais dès que le nombre d'unités augmente, les ralentissements s’enchaînent, les unités ne répondent pas correctement et, bien sûr, les dégâts eux continuent à pleuvoir. Pour autant, la difficulté ne se révèle pas insurmontable en facile, loin de là. Remarquez que c'est plutôt un bon point car ainsi chaque joueur pourra en profiter même si le contenu limité amènera une lassitude après quelques heures de jeu. Il n'y a en effet pour le moment que trois civilisations et quatre cartes, donc autant dire que le tour est vite fait.

L'ambiance musicale est à la hauteur des attentes : de la musique classique épique. À noter que l'intégralité des textes de tutoriels de l'art de la guerre est doublée par une voix anglaise, le jeu ne proposant pour le moment pas de traductions françaises.

Au final, un avis mitigé donc. Ce n'est pas un mauvais jeu, il y a même du très bon du côté de la micro-gestion et des inédits qui amènent la stratégie militaire à un tout autre niveau. Mais la mise en exécution a ses défauts que certains ne laisseront pas passer. En même temps, pour 14,99 Euros et avec toutes les mises à jour qui s'annoncent, vous ne risquez pas grand chose si vous cherchez votre nouveau défi de stratégique militaire :


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