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The Wild Age – Un tower-defense pas comme les autres

Adepte des tower-defense depuis toujours, j'avoue ne pas m'être bien renseigné sur le titre de McMagic Productions, qui vend The Wild Age comme un jeu mélangeant la stratégie et la micro-gestion dans un style de jeu Tower Defense. Il n'a pas fallu plus de mots que cela pour me convaincre, j'ai foncé, et ce fut une expérience pour le moins étrange.

Étrange pour plusieurs raisons. La première c'est que, à l'instar d'un Dungeon Defenders ou d'un Orcs Must Die!, on incarne un personnage qui se déplace sur la carte pour accomplir différentes tâches. Ce n'est pas la première fois que l'on voit ça, certes, mais c'est déroutant comparé à bon nombre de jeux du genre.

On commencera par personnaliser son avatar. Plusieurs éléments se débloqueront au fur et à mesure de sa progression.

Après avoir bâti le centre de commandement, vous devrez donc assigner des rôles aux villageois. Pour cela, il suffira de filer quelques pièces aux différents PNJs chargés de créer des armes ou des outils. Une fois l'arme posée sur l'étal, vous verrez vos sujets sans assignation courir vers l'outil fabriqué pour s'attribuer une tâche. A l'heure où j'écris cet aperçu, 4 types de personnage existent :

  • Le bâtisseur est chargé de construire, réparer et améliorer les bâtiments.
  • Le bûcheron coupe les arbres et transforme les forêts en prairies, pour que notre colonie puisse s'étendre.
  • Le fermier s'occupe d'un champ, assure et fournit des pièces fréquemment (sauf en hiver).
  • L'archer chasse les animaux dans la journée et, la nuit, défend la colonie, depuis une tour de guet ou via des rondes au sol.

Un 5ème type devrait arriver prochainement, le chevalier, chargé de la protection des archers et qui pourra accompagner le dirigeant de la colonie (nous, donc). Si vous avez bien suivi, vous aurez donc compris que le jeu dispose d'un cycle jour/nuit (ainsi que d'un cycle saisonnier).

En échange de quelques pièces, on peut demander à un artisan de créer une hache, qui sera récupérée par un sujet sans occupation

De jour, on va donc flâner à dos de cheval, de sujet en sujet pour quérir la dîme, et gambader sur l'île en quête de trésors ou de mercenaires à convertir, en échange d'une piécette. Quand la nuit tombe, il est nécessaire de vite se faufiler dans l'enceinte du "fort" pour éviter de se faire attaquer par les hordes de gobelins qui tenteront de mettre à mal la colonie. Les archers se chargeront de se débarrasser de ces saletés, et seront plus efficaces selon leur position. Sur une tour de guet, il sera plus aisé de toucher les cibles... Et plus la tour sera améliorée, plus il sera simple de toucher les ennemis. A noter que, par défaut, la tour ne peut accueillir qu'un archer, et que le nombre évolue en fonction du niveau de la bâtisse.

Chaque nuit sera plus intense que la précédente, avec des ennemis plus nombreux, plus forts, plus résistants, qui feront tout ce qu'ils peuvent pour réduire à néant votre colonie. Et ne comptez pas sur votre fidèle destrier pour vous tirer d'affaire, ce dernier étant plus lent que vos sujets (pourtant à pied), les ennemis n'auront aucun mal à vous toucher si vous êtes hors des murs. Le côté micro-gestion ressort à chaque nouvelle journée de jeu. Qui dois-je améliorer ? Quel bâtiment renfoncer ? Devrais-je recruter plus d'archers ? On serait tenté de répondre qu'on doit faire tout cela à la fois, mais c'est sans compter la monnaie du jeu, qui ne tombe pas si facilement que ça ! Ne vous attendez pas à faire fortune chaque jour en réclamant l'argent de vos sujets, qui sont aussi pauvres que vous. On pourra compter sur le marchand qui passe chaque jour pour faire fructifier l'argent que vous lui aurez donné la veille, et sur les quelques coffres au trésor répartis ça et là sur l'île, mais impossible de crouler sous l'or dans The Wild Age. Chaque action doit donc être mûrement réfléchie, sinon, le game-over tombera plus rapidement qu'on ne le pense.

Début de la nuit, je rentre au fort. Vous remarquerez que le jeu a encore un peu de mal techniquement quand on se déplace (effet de flou)

On pourrait croire que j'ai vécu une expérience géniale sur ce titre en lisant ces lignes, mais tout n'est pas parfait, loin s'en faut. Déjà, la lenteur de notre avatar nous fera piquer plus d'une crise. Pourquoi diable un bûcheron arrive à courir plus vite que moi, qui suis sur mon canasson ? Pourquoi le dit canasson a sa jauge de faim qui baisse aussi vite ? Cela me force à brouter 2/3 fois par jour de jeu. Le jeu est lent ("reposant" étant le terme utilisé par l'équipe de développement) et ces arrêts fréquents cassent un rythme qui peine déjà à décoller. Ce souci de rythme se réduit fortement de nuit, puisqu'on court partout pour voir si nos archers sont présents pour balancer des flèches.

Pour autant, ce n'est pas un frein majeur. On s'habitue à ce rythme particulier, mais on s'habitue beaucoup moins aux approximations des commandes. Les développeurs ont eu la brillante idée d'associer la touche d'action à la touche "lâcher de pièce". En arrivant près d'un arbre, on doit poser une pièce sur ce dernier pour ordonner au bûcheron de couper l'arbre. Sauf que, une fois sur deux, au lieu de donner l'ordre, on lâche une pièce par terre, et on doit courir pour éviter qu'un mercenaire ne la récupère avant soi. Et c'est valable pour quasiment toutes les actions. Construire un mur ou une tour de guet, améliorer un bâtiment... On craint chaque action, de peur qu'un péon se précipite sur une pièce si précieuse lâchée par erreur. Je précise que cela concerne surtout le mode clavier/souris. Avec un pad Xbox, je n'ai que rarement raté mon action.

La campagne du jeu propose 8 "niveaux". Chaque île dispose d'un objectif spécifique à remplir, et débloque une récompense

Au final, The Wild Age est néanmoins une bonne pioche. Terminer la campagne demandera déjà pas mal de temps, de la patience et de bons choix. Même en facile, j'ai parfois rencontré quelques difficultés sur certains niveaux. Les développeurs ont déjà mis en ligne l'éditeur d'île, pour permettre aux joueurs de créer l'île de leur rêve et de partager leur création. Certains pans de jeu manquent encore à l'appel, mais les développeurs sont assez actifs et effectuent des mises à jour fréquentes. Le jeu va donc continuer de s'enrichir dans les mois à venir. Actuellement, le jeu est vendu 12,49€. Mais McMagic Productions pense faire grimper le prix lors de la sortie officielle… A ce prix, c'est clairement une bonne affaire qui saura vous occuper un bon moment.

 


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