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La Grande Aventure LEGO 2 – Mettons-les en pièces

Il est minuit, l'heure du crime. Les ténèbres environnantes sont parfaites pour couvrir les méfaits des malfaiteurs et autres vilains aux plans capillotractés pour dominer ou détruire le monde.
C'est aussi pour moi le moment de sortir de ma torpeur et d'agir pour les arrêter.
Il semblerait que ce soir, celui qui a décidé de répandre le mal est Frin Gahl, un extra-terrestre magicien-footballeur et amateur de Dudududu-du-Duels venu des enfers et dont le but est d'asservir la galaxie toute entière en nous affamant pour éviter toute rebellion dans ce qu'il appelle le grondement final.
Mais comme à chaque fois, je découvre ses plans et utilise mes aptitudes ultra aiguisées pour me mouvoir dans le noir et le contrer en usant d'astuce et de l'effet de surprise.
Cette fois-ci, il a fait appel à son terrible garde, Couchémed'Or, dont les sens sont aussi affûtés que les miens. S'il me détecte, il risque d'appeler la terrifiante Pet Itkopinh dont le pouvoir m'affaiblit et me rend docile. Je dois absolument éviter cela, n'étant pas accompagné de mes alliés qui arrivent à contrecarrer son pouvoir terrifiant.
Je guette le moment où Couchémed'Or baisse sa garde, mais il est trop tard : mes pieds sonnent l'alarme en marchant sur des LEGO laissés négligemment sur le sol. Pet Itkopinh apparaît devant moi, alertée par le bruit. L'expression de terreur sur mon visage, résultat de la sienne colérique, ne laisse aucun doute au fait que je vais passer un sale quart d'heure.

  • Non mais sérieusement Stéphan, tu es au régime je te rappelle ! Arrête de grignoter la nuit et reviens te coucher !

La Grande Aventure LEGO 2 est une adaptation du film sorti récemment en salles. N'ayant pas encore vu ce dernier, il m'est impossible de dire s'il suit fidèlement la trame de l'histoire, si c'est une adaptation libre, ou bien même si c'est une sorte de spin-off et la manière dont le jeu est narré n'aide pas à le deviner.

Le jeu est un jeu d'aventure découpé en mondes ouverts en 3D dans lesquels exploration et ramassages d'objets seront les mots d'ordre. Conceptuellement, ce serait un mélange de LEGO Worlds et de LEGO City, histoire de vous faire une petite idée. Facilité extrême est également un mot clé, puisque le jeu ne pose absolument aucun problème pour être bouclé à 100%. Et c'est une bonne chose, mais également une mauvaise.

C'est une bonne chose parce qu'on se débarrasse de ces niveaux vus de côté avec une caméra horripilante au profit d'une 3D totale où l'exploration est libre. La gestion de sauts a été revue et propose même certains rares passages plus sous forme de QTE lorsque les sauts nécessitent de la précision trop importante pour des enfants. C'est également une bonne chose parce que la conduite des véhicules est enfin complètement jouable sans soucis de maniabilité ou de caméra. C'étaient des problèmes qui rajoutaient inutilement de la difficulté à la série et qui même agaçaient plus qu'autre chose. C'est donc une bonne chose qu'ils aient enfin disparu. Mais curieusement, les véhicules sont devenus plutôt anecdotiques et seules les courses aériennes forceront l'utilisation de véhicules aériens. Se balader à pied est plus intéressant et pas forcément moins rapide avec certains personnages, notamment pour ceux qui veulent scanner tous les objets pour les fabrications, comme le propose LEGO Worlds.

Mais cette extrême facilité est une mauvaise chose parce que cela met un sacré coup dans la replay value qu'offraient les jeux, ainsi que dans la durée de vie (moins de 20 heures pour le 100%). Les combats sont très rares, les personnages jouables n'ont plus réellement leurs spécificités à cause du système de construction et d'inventaire, entraînant le fait que les énigmes en prennent également un sacré coup, puisqu'elles se comptent désormais sur les doigts d'une main pour tout le jeu. Rajoutons à cela une certaine répétitivité dans les missions pour glaner les briques maîtres nécessaires pour débloquer les portails vers les autres mondes, les courses se permettant même de proposer plusieurs fois la même course avec un objectif de quelques secondes de moins pour une brique supplémentaire. Sachant que les comptes à rebours sont généralement très larges, la fainéantise des tracés est palpable.

Parfois quelques ennemis viendront vous mettre des brindilles dans les roues, toutefois les éliminer sera une simple formalité. Parfois des boss s'inviteront à la fête, mais s'en débarrasser ne sera pas bien compliqué non plus dès lors que la logique pour les terrasser est assimilée.

Alors oui, le jeu est très familial, axé essentiellement pour les enfants. Mais on est clairement devant le jeu LEGO le plus facile de TT Games.

Le jeu n'est pourtant vraiment pas mauvais : on s'amuse bien, la touche humoristique LEGO est bien présente, le concept est intéressant, mais le tout se fait aux dépens de la perte de personnages variés en termes de capacités, de la perte de rejouabilité et d'une facilité trop excessive.

Voyez-vous, le jeu propose un système d'inventaire dans lequel des outils sont proposés au fur et à mesure que vous les trouverez. Très vite, les jumelles permettent de débloquer les objets scannés pour pouvoir les construire à nouveau pour peu que vous ayez les briques nécessaires et remplaceront énormément de capacités des jeux LEGO précédents. Plus besoin de double saut, il suffit de construire un trampoline. Plus besoin de personnage avec des pouvoirs ou des armes électriques pour alimenter les interrupteurs, il suffit de construire un générateur.

Cette logique est poussée sur tout le jeu, malgré la centaine de personnages déverrouillables. Il est dommage de devoir jouer Superman comme on joue Emmett alors qu'il possédait auparavant des capacités qui lui étaient propres et qu'il ne possède plus (vol, laser pour découper l'or). Désormais, besoin de voler ? Il suffit de construire un véhicule volant. Besoin de manipuler télékinétiquement des objets ? Il suffit d'utiliser l'objet qui, certes, se gagne en battant le boss de fin du jeu, mais son utilisation dans les autres niveaux est ultra rare. Encore une fois, on n'a besoin que d'une seule main pour les compter.

Certains personnages conservent leur originalité, comme Lucy qui a un double saut et saute légèrement plus haut que les autres personnages, ou Unikitty qui est Unikitty, mais il n'y a aucun réel besoin de changer de personnages pour progresser dans le jeu. J'ai fait le début intégralement avec Lucy, jusqu'à ce que je débloque Unikitty (en mode Badass) dans l'histoire et ai conservé cette dernière jusqu'au dernier niveau, où on débloque enfin Batman.

C'est bien là le problème : les jeux LEGO étaient frustrants parce que la formule n'évoluait pas au fil des jeux, accumulant les soucis récurrents, et maintenant qu'elle évolue enfin dans une bonne direction, ils sont frustrants parce que les développeurs n'ont pas jugé utile de réévaluer le challenge en fonction : même pour des enfants, le jeu est trop facile !

Mais quoi qu'il en soit, c'est une excellente idée de cadeau pour petits et grands qui ont gardé leur âme d'enfants :


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