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Call of Cthulhu – L’île de la peur

J'ai découvert Cyanide il y a de ça plusieurs années, à travers Loki, un hack'n'slash sorti il y a maintenant plus d'une décennie. Depuis, je surveille toutes les productions du studio, à la recherche d'une surprise, comme ce fut le cas avec Styx : Master of Shadow. J'ai donc gardé un oeil attentif sur Call of Cthulhu. Je n'ai jamais été un lecteur assidu de H.P. Lovecraft, mais son univers m'a toujours fait quelque chose. Les différents trailers du jeu ont su ranimer ce mélange de fascination et d'effroi, et j'ai eu la chance de pouvoir parcourir le titre sur PC cette semaine, en compagnie d'Edward Pierce, vétéran de la 1ère guerre mondiale, reconverti en détective privé et assez porté sur la boisson.

L'ambiance est posée dès le début !

Notre protagoniste est en effet assez perturbé mentalement, ce que nous montrent les premières minutes du jeu, qui nous plonge dans l'un des nombreux cauchemars du personnages. Effrayé, il va se frayer un chemin dans une grande grotte on ne peut plus glauque, avant d'être réveillé au moment fatidique par des coups à la porte du bureau de Pierce. Un homme riche cherche un détective afin d'enquêter sur la famille Hawkins, morte dans des conditions mystérieuses sur l'île de Darkwater, une île reculée dont les habitants ont fait fortune par le passé grâce à la chasse à la baleine. Notre détective n'aura pas la possibilité de refuser, comme l'indique une "gentille" dame au téléphone, qui rappelle à Pierce que s'il n'accepte pas d'affaires, il sera viré du cabinet. Cap sur l'île donc.

Donc, y a vraiment des gens qui ont ENVIE de vivre ici ?

Cette dernière n'est plus que l'ombre d'elle-même, avec des habitants appauvris par l'absence de travail et tourmentés, qui vont noyer leur gloire passée dans l'alcool. Nous aurons donc l'occasion d'échanger avec quelques habitants, du barman à l'officier de policer en passant par la pègre du secteur, tous semblant cacher quelque chose, de par leur manière de parler ou leurs cicatrices.

Impossible de visiter l'île à son gré, cette dernière dévoilera ses secrets au fur et à mesure de notre avancée dans les différents chapitres. Petite d'apparence, elle contient tout de même, en plus du village portuaire, un institut psychiatrique, l'immense manoir de la famille Hawkins (angoissant à souhait après avoir vu The Haunting of Hill House !) ou encore un vaste réseau souterrain, où nous allons passer pas mal de temps.

A partir de là, je me suis dit que j'allais faire demi-tour

L'enquête que nous menons va rapidement se montrer bien plus sombre et tortueuse que prévu. L'angoisse poindra assez rapidement le bout de son nez et sera présente durant une bonne partie de l'aventure. Call of Cthulhu distille en effet une horreur continue. Je n'ai que peu de fois sursauté durant mon aventure, mais je me suis senti oppressé. Les environnements sont tous plus lugubres les uns que les autres. Dès notre arrivée à Darkwater, nous ne nous sentons pas bien, la topographie de l'île est menaçante, le manoir anguleux au sommet de la colline ne rassure guère, et la baleine échouée et bien amochée montre bien que l'île est envahie par le mal.

La décoration est ... inspirée.

Cette ambiance va impacter notre héros, qui dispose d'une santé mentale qui vacillera en fonction des situations. Cela sera illustré dès le début du jeu, durant le cauchemar d'Edward, et il sera important de vite le sortir de là avant de virer dans la folie pure et simple. De manière plus générale, Pierce est un détective talentueux, cultivé et perspicace, qui glanera bon nombre d'éléments afin de parfaire son enquête et comprendre ce qui se trame sur l'île. Vous aurez la possibilité, à certains moments de l'aventure, de lancer un mode spécifique, où vous analyserez une pièce de fond en comble pour reconstituer une scène spéciale. L'affinage des compétences pourra se faire via l'attribution de points de compétences à donner, ce qui permettra à Pierce d'être plus éloquent, plus attentif aux détails, ou encore de progresser en médecine et occultisme via les nombreux livres disséminés dans le jeu.

Vous pourrez façonner Edward comme vous le voulez.

Comme bon nombre de jeux du genre, l'approche infiltration s'impose. Les ennemis seront en effet plus forts que nous la majeure partie du temps, et provoquer le face à face se soldera bien souvent par un Game Over. Mais ils se montrent assez lents et ont tendance à abandonner les soupçons assez rapidement. Ce qui n'est pas forcément un mal, étant donné que notre détective est pris de panique dès qu'il s'enferme dans un placard.

Il faudra compter une dizaine d'heures pour voir le bout du titre, divisé en une bonne douzaine de chapitres qui vous plongeront dans une folie grandissante, où notre vétéran de la Grande Guerre fera ce qu'il peut pour rester sur le chemin de la raison. En ce qui concerne l'aspect technique, CoC ne vous décrochera certainement pas la mâchoire. Le titre paraît en effet daté : textures, ombres, effets de lumière... c'est un peu décevant, mais certainement dû au cadre gris/verdâtre du jeu. La production de Cyanide parviendra malgré tout à vous mettre mal à l'aise par le travail effectué sur l'ambiance. Les doublages sont, de leur côté, assez réussis, à défaut d'être transcendants.

Graphiquement, on a vu bien mieux en 2018.

J'ai pour ma part passé un très bon moment sur Call of Cthulhu. Le titre édité par Focus Home parvient à distiller efficacement une peur constante et à nous emmener dans une enquête tordue, à base de disparitions, cadavres marins et cultes ésotériques fascinants. On ne s'ennuie pas durant la dizaine d'heures de jeu, on vit l'enquête et on souffre en même temps que Pierce. Néanmoins, on peut regretter l'absence de quêtes secondaires, l'absence d'embranchements disponibles, le manque de force de notre vétéran 14-18 ou encore sa technique datée. Il faut juste parvenir à gommer ces quelques défauts pour partir en quête de la Vérité.


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