Kingdom Come: Deliverance - Un chef d'oeuvre du JdR médiéval - Game-Guide
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Kingdom Come: Deliverance – Un chef d’oeuvre du JdR médiéval

Après une campagne Kickstarter réussie, Kingdom Come : Deliverance était sorti le 13 février 2018 sur PlayStation 4, Xbox One et PC. Le jeu de rôle médiéval avait à cette occasion beaucoup fait parler de lui, même si les critiques étaient assez mitigées. Les joueurs saluaient l’histoire, mais regrettaient un nombre important de bugs qui entachaient l’aventure. L’éditeur, loin de se décourager, a depuis continué à mettre à jour son titre à un rythme soutenu. Tous les mois environ, il sort un patch majeur, le dernier en date, le 1.5, est ainsi sorti le 5 juin et corrige à lui seul plus de 200 bugs.

Maintenant que le jeu est plus stable et que les erreurs de jeunesse sont pour la plupart corrigées, Warhorse Studios a de grands plans pour le futur de son jeu, avec des DLCs gratuits et payants. Quatre étendront l’histoire, tandis que cinq autres seront eux plus liés aux fonctionnalités. Du côté des gratuits, nous aurons l’ajout d’un mode hardcore, des tournois et du support des mods. Le jeu a donc clairement de beaux jours devant lui, nous nous devions de rattraper notre retard pour vous le présenter !

Dans Kingdom Come : Deliverance, nous incarnons Henry, le fils du forgeron de Skalice, un petit village du Royaume de Bohême (l’actuelle République tchèque) au XVe siècle. Amoureux d’une fille de la taverne, il traîne avec des vauriens tout en rêvant de visiter le monde, sans pour autant faire grand-chose pour changer sa condition. Un matin de 1403 où il s’est comme d’habitude levé trop tard après une soirée arrosée, il va aider son père pour finir sa dernière commande, une belle épée qu’il forge pour le seigneur du château, Sir Radzig. Alors qu’ils viennent de terminer l’arme, l’impensable arrive : une immense armée marche sur le village et détruit tout sur son passage. Henry réussit à s’enfuir, mais ses parents n’ont pas cette chance et ils se font assassiner sous ses yeux par Sir Markvart von Auliz. Ces événements serviront de fil rouge à la quête d' Henry bien décidé à venger le meurtre de ses parents, mais également à récupérer l’épée du Seigneur Radzig qui a par la suite été volée.

Nous nous situons à une époque difficile du pays qui se trouve déchiré entre deux rois. Après la mort de l’empereur Charles IV en 1378, son fils Wenceslas IV est monté sur le trône, mais il s’est révélé incompétent, même si son père avait tenté de le préparer de son vivant. Son demi-frère, Sigismond de Luxembourg, roi de Hongrie et de Croatie, en a alors profité pour emprisonner le roi légitime et revendiquer le trône à la tête d’une armée de chevaliers et de mercenaires. Le scénario nous place au milieu de ces événements historiques avec des personnages et des lieux repris des livres d’histoire, le tout romancé même si aucune concession n’a été faite pour adapter les faits à nos valeurs actuelles : violence, pauvreté, maladie, torture, sexisme, racisme, cruauté, abus de pouvoir...

Le jeu a du coup un côté très éducatif avec une encyclopédie détaillée sur les personnages croisés, les lieux visités et la vie au Moyen-Âge. À chaque nouvelle découverte de notre personnage qui ne connaît finalement pas grand-chose du monde, cela crée une fiche qui explique tout, lecture en aucun cas obligatoire pour les joueurs qui n’aiment pas lire, mais très intéressante pour ceux que le sujet passionne.

Les décors sont eux également recréés avec un souci du détail présent à tout instant et un réalisme poussé à l’extrême qui donne l’impression d’avoir une fenêtre vers le quinzième siècle. Nous commençons à y être habitués dans les jeux de rôle récents, les villageois dorment puis ouvrent leurs boutiques au matin, les tavernes se remplissent et se vident au fur et à mesure de la journée, des animaux traînent dans la rue tandis que les gardes font leur ronde entre les remparts... Mais ce sont également des objets cassés, des habits tachés, des escaliers branlants, des flaques de boue, des disputes ponctuelles... L’architecture parait très concrète, avec des bâtiments massifs et des châteaux labyrinthiques de salles et de couloirs entre les hautes murailles. Par contre, n’espérez pas de dragons ou de magiciens, nous nous trouvons dans un véritable Moyen-Âge, jusqu’au bout des ongles crasseux des paysans.

Les graphismes sont superbes, les paysages sont très bien recréés, avec des effets de lumière très réalistes qui donnent envie de s’arrêter sur une butte au bord du chemin pour observer le soleil levant. La musique est d’époque, agréable et discrète, soutenue par un environnement sonore immersif des bruits de la nature, mêlés à ceux de la vie quotidienne : marteaux sur l’enclume, discussions à la taverne, cri des animaux... Mais si vous préférez jouer sans le son et les voix doublées en français, vous pouvez activer les sous-titres qui vous permettront de ne rien rater. Les personnages paraissent parfois un peu rigides dans leurs animations, notamment lorsqu’on les croise en un lieu étroit et qu’il y a collision (pousse toi le garde !). Par contre, avec les personnages principaux et lors des cinématiques, le travail de motion capture gomme cet aspect et offre aux intervenants une vraie profondeur dans leurs expressions.

Les lieux sont vivants, ainsi que leurs occupants. Lorsqu’Henry doit accomplir un objectif, comme par exemple retrouver un PNJ dans la cour, il n’a qu’un temps limité pour le faire. Si on ne se dépêche pas de s’y rendre, le PNJ ne va pas bêtement attendre toute la journée dans sa cour. Après un certain délai, il part et la quête peut alors être perdue, ou modifiée. La gestion du temps est donc primordiale et de nombreuses quêtes demandent de faire le guet jusqu’à l’aube ou encore de passer voir telle personne avant midi, le tout rendu possible grâce à un cycle jour/nuit et une horloge en jeu qui nécessitent de mettre le jeu en pause dès qu’on s’absente de devant l’écran sous peine de surprises à son retour. Par exemple, je devais à un moment partir avec une patrouille, j’ai pris le temps de passer chez un marchand pour vider mon inventaire, la patrouille est du coup partie sans moi et mon objectif a alors été modifié : je devais dès lors retrouver la patrouille sur le chemin. Le jeu s’adapte à tout instant aux actions réalisées avec, certes une quête principale et une trame globale, mais également une foultitude de tâches secondaires qui n’attendent qu’à être réalisées.

Au fur et à mesure qu’il découvre le monde, Henry grandit dans un niveau général et diverses sous-catégories : force, éloquence, agilité, vitalité... Il peut ainsi débloquer des avantages comme porter plus, courir plus longtemps, mieux esquiver, gagner en éloquence avec les nobles... La plupart des avantages ont cependant des désavantages liés (courir plus longtemps amènera à courir moins vite et mieux s’entendre avec les nobles ne plaira pas au petit peuple), notre personnage ne deviendra donc jamais un super-héros, il reste un humain fragile, même si son entrainement le rendra plus efficace sur certains points.

Henry pourra faire beaucoup de choses dans ce monde : jouer aux dés, marchander avec les vendeurs, apprendre à combattre à l’épée, voler les honnêtes gens, tirer à l’arc, monter à cheval, prier, lire, boire à la taverne, cuisiner, chasser, ramasser des champignons, flirter... Tout peut être combiné, car il n’y a pas de limite aux choses que le garçon peut apprendre. Généralement, la compétence s’apprend via un maître qui donne les bases ou une quête introductive, l’occasion d’afficher un écran de tutoriel, puis le reste s’approfondit sur le terrain même si certains PNJs peuvent redonner des conseils plus avancés en fonction du niveau acquis. Le crochetage et le vol ne sont bien sûr pas sans risque et peuvent mettre Henry dans de très mauvaises situations avec à la clé des amendes et des peines de prison qui entraînent les habitants de la zone à avoir un a priori négatif sur le jeune homme, ce qui complexifie donc toutes ses activités à proximité (les gens n’ont pas trop envie d’avoir à faire avec un criminel).

Jeu de rôle oblige, les dialogues amènent à faire de nombreux choix sur sa façon de réagir à différentes situations. Pour persuader son interlocuteur, il est possible de choisir entre l’éloquence, le statut social, l’argent ou la force, avec parfois plusieurs possibilités pour chaque qui entraineront des situations différentes. Les chances de réussite sont affichées si on a l'atout Empathie au niveau 8 de la branche Éloquence, sinon auparavant cela se jouera au bluff face à des points d’interrogation avec dans tous les cas des conséquences. À noter cependant que des cinématiques imposent certaines décisions, donc malheureusement tout ne peut pas être totalement contrôlé même si j’ai toujours réussi à réorienter la partie dans la direction que je voulais par les actions qui ont suivie, les quêtes laissant toujours une grande liberté sur la façon d’atteindre son but.

Lorsque les choses dérapent dans une discussion ou qu’Henry tombe dans une embuscade, il est temps de sortir les armes. Le combat n’est pas évident à maîtriser avec, une nouvelle fois, une volonté de réalisme. J’ai vidé mon carquois sans toucher une fois la cible la première fois que j’ai été amenée à utiliser un arc et heureusement que les lapins que j’étais ensuite partie chasser ne s’enfuyaient pas à chacun de mes tirs ou je tenterais toujours de les tuer (enfin là, par contre, le réalisme n’est pas trop là...). Plus Henry bande l’arc, puis cela se met à trembler, il faut donc prendre rapidement l’habitude de cliquer/tirer sans aucun délai pour espérer faire un tir précis. Du côté du combat à l’épée ou à mains nues, tout est question d’angle d’attaque et de blocage/esquive bien chronométré, puis ensuite des combos plus avancés se débloquent. Il ne faut pas se rater et éviter à tout prix les confrontations perdues d’avance contre des ennemis en surnombre ou mieux armées, en tout cas lorsque c’est possible. Henry peut être blessé ce qui l’handicape un bon moment, souffrir d’une hémorragie et, bien sûr mourir s’il n’est pas soigné. La partie reprendra alors au dernier point de sauvegarde (le jeu sauvegarde automatiquement à chaque nuit ou à certains points des quêtes). La difficulté est importante, et les mercenaires de Sigismond sont nombreux et très bien armés, sans compter les brigands qui pullulent dans les bois. Plusieurs fois, alors que je me promenais entre les villages, je me suis fait attaquer. Quand tu viens de passer 10 minutes à trier ton inventaire, puis 10 autres à galoper vers le sud pour discuter avec des charbonniers et qu’on te renvoie au nord et que tu te fais attaquer sur le chemin du retour par quatre mercenaires, ce sont plus de 20 minutes de jeu perdues à cause d’une embuscade qui ne laisse de toute façon aucune chance au héros encore débutant. Un peu frustrant...

Mais c’est sans doute le seul défaut que j’ai réellement trouvé à Kingdom Come : Deliverance. Il y a bien quelques glitchs graphiques ponctuels, avec des vêtements qui entrent dans les personnages ou des collisions étranges, une traduction était également manquante sur un objectif conservé en anglais, mais je n’ai eu aucun bug bloquant durant ma dizaine d’heures de jeu. Le contenu est énorme et je n’ai aucune idée de la durée de vie exacte du titre qui me semble phénoménale. C’est simple, lors de ma première session, j’ai joué un peu plus de trois heures puis... j’ai eu le générique et je me suis rendu compte que je venais juste de terminer le prégénérique ! En plus, la rejouabilité est au rendez-vous si vous désirez tenter l’aventure avec une autre approche, plus ou moins martiale, plus ou moins honnête. Pour ma part, je tente cette partie en ne déviant pas du droit chemin, Henry sera un preux chevalier et je tiens à ce qu’il se tienne à ces valeurs dès maintenant. Forcément, cela m’empêche de réaliser certaines quêtes comme cette demande du meunier d’aller récupérer une bague sur un mort à déterrer.

Si vous aimez l’époque médiévale et que sa violence sans filtre ne vous effraie pas, je vous conseille sans hésiter la quête épique d’Henry dans Kingdom Come : Deliverance. Vous vous embarquerez pour plusieurs dizaines d’heures dans une histoire qui, dans les grandes lignes, a réellement été vécue il y a bien longtemps. Le jeu est disponible sur différentes plateformes :


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