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Robinson: The Journey – Une aventure en VR au temps des dinos

Je suivais l'actualité de Robinson: The Journey depuis un moment. Il faut dire que sur le papier, c'est prometteur : explorer une planète déserte comme un Robinson Crusoé des temps modernes, le tout entièrement en réalité virtuelle. Est-ce que le contrat a été rempli ?

L'histoire est simple, nous incarnons un jeune garçon nommé Robin qui se retrouve seul à la surface d'une planète où les dinosaures règnent en maître, avec une faune et une flore tirées de la préhistoire terrienne. Il a abouti là suite au crash de l'Esmeralda, son vaisseau. Il espérait rapidement être secouru, mais un an est passé et il semble être le seul humain encore en vie sur Tyson III. Avec l'aide de HIGS, un robot possédant une intelligence artificielle avancée, il a dû s'adapter pour survivre et subvenir à ses besoins dans ce monde dangereux.

Malgré la situation, Robin reste un enfant qui a juste envie de s'amuser. Et il s'ennuie car HIGS refuse qu'il se mette en danger. Le robot n'aime pas non plus l'amie de Robin, Laika, un bébé dinosaure que le jeune garçon a vu naître et sauvé au début de son séjour forcé sur la planète. Alors quand ils tombent sur une autre unité HIGS coincée dans un nid dont les enregistrements laisseraient penser qu'il existerait d'autres HIGS, Robin s'empare de l'occasion de casser sa routine pour partir chercher des réponses. Avec plus ou moins la bénédiction d'HIGS. Je ne vais pas vous en raconter plus sur l'histoire, il serait dommage de vous gâcher la surprise quoiqu'une grosse partie du jeu tienne avant tout à l'exploration et à ce tête à tête poignant avec les dinosaures. Nous découvrons différents environnements, le camp de base, la ferme, la jungle, les marais, puis le planétarium dans les décombres de l'Esmeralda.

robinson_ferme robinson_dino

Les premiers instants du jeu sont là pour servir de tutoriel et découvrir le monde, cette introduction se déroulant dans le camp de base. Équipée de mon casque de réalité virtuelle, j'empoigne ma manette (le jeu n'est pas compatible avec les PS4 Move même si le héros porte dans sa main des outils avec une forme similaire, étrange). Le joystick de gauche fait avancer Robin et celui de droite fait tourner la caméra (obligatoire pour se retourner par exemple). Avec la croix, j'appelle Laika : nourrir, prendre, suivre et rugir (dans le sens des aiguilles d'une montre depuis le haut).

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Je possède un outil à la main qui me permet soit de scanner, soit de faire léviter. Un mode ou l'autre s'active avec la gâchette R1, puis s'utilise avec R2. Le scanner est lié à une collection d'objets et d'animaux, l'Infotarium. Chaque élément scanné y est référencé et je peux y revenir à tout moment pour lire une fiche explicative ou réécouter la bande audio. Le scan s'effectue en faisant pointer le scanner sur les puces en vert, tout en évitant les puces en rouge. Bien sûr, plus l'objet est rare, plus les puces rouges sont nombreuses et mal placées. Il y a également des animaux qui demandent rapidité et dextérité car ils sont en mouvement ou disparaissent après quelques secondes hors de leur trou. Pour la lévitation, cela servira à résoudre divers soucis même si je suis limitée dans la taille des objets que je peux manipuler. Un objet que HIGS peut parfois activer me permet de soulever de plus gros éléments.

Robin est un excellent grimpeur, ce qui demande d'alterner les prises avec les gâchettes L2 et R2 après les avoir ciblées de la tête. Cela est relativement facile à prendre en main ici, surtout que les prises sont colorées en orange (de manière bien peu réaliste). Par contre, je me demande parfois si le garçon n'est pas un monstre désarticulé quand je vois la portée qu'il a, se révélant capable d'attraper une prise à plus d'un mètre sans souci. Sacrément agile ! L'escalade est un passage obligé pour avancer à de très nombreuses reprises, allant parfois jusqu'à devoir se lâcher pour récupérer une prise plus bas ou encore à devoir utiliser des sortes de champignons qui ont la mauvaise habitude de s'ouvrir à intervalles réguliers (et donc de faire tomber Robin). Une chute est la plupart du temps mortelle, il y a heureusement des points de contrôle réguliers ne rendant pas la chute punitive.

A plusieurs reprises, j'ai rencontré des soucis de caméras, et notamment ma tête qui passe dans le décor. Du coup, je me retrouve avec un gros écran noir et il faut se débrouiller pour en sortir en n'ayant aucune idée de là où se trouve l'élément gênant. Bon, la plupart du temps, je réussis à m'en sortir en bougeant dans tous les sens, ou en réinitialisant la caméra (appui long de 3 secondes sur la touche Option). Là où cela se révèle plus gênant, c'est lors du premier mini-jeu où je dois rétablir le courant, je me trouvais systématiquement dans le décor après avoir parlé avec HIGS. Comme cela se déroule sur un écran fixe avec une vue du dessus du camp, aucune possibilité ici de bouger pour s'en sortir. A part persévérer jusqu'à ce que ça passe puis ensuite éviter de trop bouger. Par contre, je n'ai eu aucun souci avec les suivants après avoir repositionné différemment ma caméra...donc à voir si cela ne venait pas de ma configuration initiale.

 

C'est vraiment le gros point noir de ce jeu : la gestion de la caméra. Et la liste des soucis ne s'arrête pas à ça, le mode escalade a tendance à ne pas s'activer, il faut avancer, reculer, bouger, se coller à la paroi et puis paf, tout d'un coup, les mains sont là. Pareil pour la tyrolienne que le gamin ne veut jamais agripper naturellement en arrivant à portée. Il est parfois laborieux de prendre des objets même s'il y a un mode pointeur laser sur la manette (L2) pour choisir l'objet à activer.

Tout cela entache l'expérience d'exploration dans ce monde au demeurant très beau malgré le souci de netteté inhérent à la réalité virtuelle (et à la plateforme PS4). Les graphismes sont impressionnants, réalisés avec CryEngine, il est très agréable de pouvoir observer le monde à 360°. Les ptérosaures volent haut dans le ciel bleu, les arbres luxuriants nous offrent leur ombre et Robin évolue à travers un complexe entrelacs de grottes, de falaises et de bouts d'épaves de l'Esmeralda. La musique ajoute à l'immersion avec différents petits bruits de la nature. Tout cela est très convaincant même si le monde est bien moins ouvert que je ne l'attendais, les zones explorables se retrouvant limitées par des éléments du décor qui empêchent d'escalader ce rocher si intriguant ou de continuer par ce chemin. Cela m'agace toujours un peu, d'autant plus quand il suffirait d'escalader parfois pour descendre. Mais non, il faut faire tout le tour car cela n'est pas prévu...

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Du côté de la durée de vie, comptez environ cinq heures en ligne droite pour découvrir ce qu'il est advenu des habitants de l'Esmeralda, soit en gros cinq sessions de jeux pour éviter le mal de tête/mal des transports qui pointe après une petite heure de jeu (la vue en FPS n'est pas des plus agréable pour l'estomac). L'histoire se révèle assez linéaire et avance lentement même si la fin à elle seule suffit à récompenser de la persévérance. Il y a éventuellement un peu plus à faire en se promenant si vous voulez tout scanner pour l'Infotarium ou si vous galérez à comprendre ce qu'il faut faire (les indications données par HIGS ne sont pas toujours des plus claires).

Pour conclure, Robinson: The Journey promettait une aventure magique mais malheureusement la technologie encore trop balbutiante de la VR créé une expérience un peu moins prenante que je ne l'attendais. Les bugs de caméra sont agaçants et le monde s'arrange pour limiter l'exploration, dans une progression linéaire. Malgré des graphismes et une musique irréprochables, je ne suis pas totalement convaincue par le gameplay, Robinson: The Journey se révèlant un enchaînement de beaux paysages, de séances de grimpettes et d'énigmes trop simples. S'il n'y avait pas les impressionnants dinosaures pour rattraper le coup, ces gigantesques long-cous placides, la mignonne et intelligente Laika, ou encore les vilains raptors, Robinson ne vaudrait clairement pas le coup, surtout quand on le rapporte au plan très matériel du ratio prix/durée de vie (comptez environ 50€). Il ne manquerait pourtant pas grand chose pour faire de Robinson: The Journey un très bon jeu, plus de liberté, plus de possibilités dans ce monde ouvert, moins de soucis de caméras... A vous de voir maintenant si vous saurez passer outre ses défauts pour découvrir ce qui est par contre certainement l'un des plus beaux jeux en réalité virtuelle du moment.


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